d'Anne d'Autriche. (1660.) 23
Cette Princeflè ne lui plailoit pas , &n’avoû jamais bien vécu avec elle. Unrefte d’attachement que le Roi avoir pourelle lui faifoic craindre qu’elle ne reprîtfa même place , qu’il fembloit que fafœur n’eût perdue que pour lui rendre.Elle me fie l’honneur de me dire aufliquele Roi fans doute prendroit plaifir à gou-verner fon Royaume, qu’elle en étoicbien-aife, & avoic delîèin de lui montrerpar la modération de fa conduite, qu’ellene lui vouloit rien dérober de fon autorité.Ce fut par fes fentiinents qu’elle perditl’avantage d’entrer au Confeil , dontbeaucoup de perfonnes l’ont blâmée,s’imaginant peut-être avec raifon qu’elley avoir été portée par des confeils inté-refles, dont elle ne connut pas la caufe ;mais dans le vrai, là pente naturelle étoicle defir du repos & de la retraite. Le foirdu feptieme, le Roi, qui ne voyoit plusle Cardinal, fit appeller fes Miniftres, &je vis alors le vivant prendre la place dumourant, avec un commencement de
G randeur, de fuite, & de bruit, qui met admirer les changements du monde.Le Roi s’enferma avec eux ; 6c la Reine-Mere, au retour des Miniftres, vint peude temps après le trouver. Comme elleétoic logée i l’ancien & petit logement,