d'Anne dAutriche. (1661.) 31
que tous ceux qui auraient des grâces «lui demander lui préfentaffent des pla-cées , & que les Samedis il y répondroic.Après cette cérémonie, le Roi & la Rei-ne fa mere étant montés chez la Reine,ont crut déjà voir fur leur vifage des mar-que de leur fatisfaélion, & il fut aifé dejuger que bientôt les défauts du mortleur paroîtroient plus grands qu’ils neles avoient encore vus. Car il ne fe con-tentoit pas d’exercer une puiflànce fou-veraine fur tout le Royaume , il l’exer-çoit fur les Souverains mêmes qui la luiavoient donnée, n’ayant en plufieurs oc-cafions aucune complaifance pour le Roi,non plus que pour la Reine, & ne luiJaiflànt la liberté de difpofer de rien deconfidérable. Il étoit fi jaloux de cetteautorité qui ne lui appartenoit pas, qu’ilvouloir faire les charges de tout le mon-de; fi avare, qu’il vouloir gagner fur tout;fi défiant, qu’il étoit fort aifé à choquer;fi rêveur & fi chagrin la plupart du tempsqu’à peine ofoit-on lui rien dire, & fai-foit femblant d’être de mauvaife humeurpour empêcher ceux qui l’artendoient enfoule en fon paflàge de prendre ce temps-là pour lui parler. C’efi: pourquoi il étoitimpoffible que depuis le Roi jufques aumoindre de fes fujers , hormis peu de
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