à'Anne d'Autriche. (1661.) 35
& trafics dans (es Gouvernements, & parti-culièrement dans Brouage ; qu’il jouifloicde plufieurs fonds deftinés au payementdes Ambaflàdeurs, de l’artillerie, de l’a-mirauté, & ainfi du relie; qu’il Ce char-geoit d’y fatisfairé, & ne le faifoit pas ;en quoi il elt à croire qu’il prenoit beau-coup , fans qu’on pût le convaincre derien prendre à l’épargne. J’ai oui direen ce même temps au même le Tellier,parlant du Cardinal , que ce Miniftreavoit eu deux fupérieures pallions, ledefir de la gloire, & celui du bien ; qu’enmourant, fa grande fortune , dont ilparut trop occupé, avoit beaucoup di-minué le mérite de fes belles aétkrns* &qu’ainfi il avoit manqué de remplir l’unde fes defirs pour avoir trop donné à l’au-tre. Je lui ai oui dire aulfi que deux joursavant que le Cardinal mourût, il avoitvoulu écrirS fon teftament, & le met-tre au net en de beaux termes ; que com-me il y travailloit, il le prelfa de le quitter,de peur que cette application ne l’affoiblîctrop, & que le Cardinal fe dépita contrelui, & lui dit demi en colere, & pour-tant en riant : Laijfez-moi faire , la con-trainte que vous me faites eft pire que lamort • & qu’il parut en cet inftant parlerde la mort comme s’il en eût raillé ; mais
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