d'Anne d Autriche. (1661.) 43
des petits, par fa bonté. Elle étoit la con-folation des miférables par fa charité ; &par la confiance de fa vertu & de fa piété,étant devenue la proteélrice des gens debien, on pouvoit dire qu’elle étoit caufedes bonnes œuvres qui fe faifoient entoute la France. Quoiqu’elle approchâtalors defoixanteans, elle étoit encore ai-mable ; & fans flatterie, on pouvoit direqu’elle avoit de grandes beautés. Outrequ’elle avoit de la fraîcheur furie vifage,fes belles mains & fes beaux bras n’a-voient rien perdu de leur perfeftion, &les belles trèfles de fes cheveux étoiencde même grofleur & de même couleurqu’elles avoient été h vingt-cinq ans. Safanté, jointe à la douceur de fon-naturel,la rendoit commode & propre h tous iesplaifirs où elle pouvoit prendre part. Per-fonne ne s’appercevoit fi c’étoit la cona-plaifance plutôt que fon inclination qui laconvioit d’y affilier ; & ceux qui ne lui con-venoient pas, elle les voyoit goûter auxautres avec plaiiîr. La jeune Reine, enmême-temps fa niece & fa fille, étoit bel-le , vertueufe, & remplie de piété : elleaimoic la retraite un peu plus qu’une Rei-ne de France qui fe doit au public ne la'devoit aimer; mais ce défaut étant fondéfur fa dévotion méricoic plus de louange