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âge. A cette vue, la Reine s’allarrne &s’afflige de favoir le Roi trop occupéd’autres objets. La Reine - Mere d’abordcondamne fes frayeurs, & lui die qu’iln’eft pas jufte qu’elle veuille contraindrele Roi, & que les honnêtes plaifirs qu’ilprend ne lui dévoient pas faire de lapeine. Leur continuation alla néanmoinsjufqu’à une telle extrémité, qu’enfin laReine-Mere me commanda de confeiüerii Madame d’apporter quelque modéra-tion dans fes divertiflèments.
Cette jeune Princeflè devoir avoir dela confiance en tnoi, tant par l'honneurque la Reine d’Angleterre me faifoit deme fouffrir avec bonté, & de me croireattachée à fes intérêts, que par les fer-vices affidus que je lui rendois en toutesoccafions auprès de la Reine fa belle-roe-re. Je lui en parlai ; & comme elle étoicdouce & complaifante, elle me parut vou-loir fuivre mes avis, & les reçut de bon-ne grâce. Atiiü puis-je dire avec véritéqu’ils étoient tels, que, fans choquer leRoi, & fans manquer à la jufte complai-fance quelle lui devoit, fi elle m’avoitfait l’honneur de me croire, elle auroicconfervé les bonnes grâces du Roi, fe fe-roit établie fortement dans fon eftime &dans celle de toute la Cour, & auroit fa-