S Anne £ Autriche. (1661.) 6 fprendre que ma fortune étoïc en mauvaisétac ; niais ne trouvant rien en moi quifut capable de me donner de la honte,je fends en cette occalion que l’innocen-ce eft un grand préfervatif pour de telsmaux; je crus même devoir efpérer quele Roi ayant beaucoup de lumière & d’é-quité , connoîtroit tôt ou tard que mesintentions & mes paroles avoient étéconformes à mon devoir.
Un jour parlant à la Reine-Mere detoutes ces chofes, enfermée avec elledans fon Oratoire, je conclus avec cettePrincelTe que nous étions tous fort mal-heureux de ne nous pas appliquer h aimer& fervir Dieu plutôt que les Rois, puis-que ceux-là ne connoiflènt point le cœur ;quelque fidélité que nous ayons pour eux :ils fe peuvent tromper en maltraitant lesplus innocents, de la même maniéré ques’ils étoient coupables. C’eft un grandmal de ne pouvoir toujours efpérer desSouverains une jufte rétribution de no-tre affe&ion & de notre fidélité à leurfervice ; mais c’eft du moins un grandadouciflemenc à nos miferes que d’enpouvoir trouver d’afièz raifonnables pourfe pouvoir confulter avec eux-mêmes desmaux qu’ils font capables de nous fairefouffrir. Mes fautes enfin ne me firent