dAnne d'Autriche. (1661.) 89
Peu de perfonnes k la Cour fe trouvè-rent exemptes d’avoir été facrifier au Veaud’or ; & comme par un malheur fort ex-traordinaire pour eux, le Surintendantgardoîc toutes les lettres qu’on lui écri-voit ; le Roi & la Reine fa mefe les ayanttoutes lues, y virent des chofes qui fi-rent tort à beaucoup de perfonnes. Il yavoit à Saint Mandé un cabinet où l’onalloit par un chemin fouterrein , qui avoitune fortie de l’autre côté du chemin chezun de fes Secrétaires, à allez loin de famaifon. On trouva dans ce cabinet uneinftruélion qu’il gardoit dans fes papiers,où il ordonnoit de tout ce que fes amisdévoient faire en cas qu’il fût arrêté. Cequ’il vouloir qui fervît h le fauver, fer-vit à le convaincre de fon crime ; & com-me ce qu’il demandoit d’eux étoit descrimes de lefe-Majefté , il les mit tousen état d’avoir befoin de la clémence duRoi , qui pouvoic croire qu’il n’avoitpas fait cet écrit fans leur en avoir faitpart. Il fembloit néanmoins que beau-coup de gens y étoient nommés , quien effet étoient gens de bien & bons fer-viteurs du Roi. C’étoit une rêverie qu’ilavoit autorifée de quelque apparence devérité par le foin qu’il avoit eu de laconferver. Madame du Pleffis-Belliere y