d'Anne à'Autriche. (1661.) 5,3clairement ; car il arriva, pour fon bon-heur, que i’on trouva de Tes lettres dansles caffettes du prifonnier , qui juftifie-rent Sa vertu. Pour l'ordinaire, les Damestrompent les hommes par des beaux lem-blunts ; & ne les confidérant point en effet,leur font le moins de libéralités qu’ellespeuvent; mais toutes ces chofes font tou-jours mauvaifes devant Dieu , & homeu-fes devant les hommes.
Fouquet fut fort déshonoré par fes fo-lies, & fur-tout, comme je l’ai déjà dit,pour avoir eu celle de garder toutes leslettres qu’on lui -avoir écrites, & d’avoirlaiffé le projet qu’il avoit fait pour l’ave»nir abandonné à la curiofité de fes enne*mis, par où il perdoit tous fes amis, puis-que de telles gens doivent toujourscraindre leur dilgrace. On difoit de luiqu’à fon égard, par cette folie, le jour dujugement écoit arrivé, qu’on avoit vu ànud le détail de toute fa vie : fes crimes,fes penfées, & celles dé toutes les per-fonnes qui étoient dans fon commerce.On peut juger par-là que fi on connoifffoit les autres hommes de cette maniéré,on verroit quafi en tous d’étranges for*bleffes.
Dans le vrai, il fe trouva que Fouquetétoic coupable d’une grande profufion ,