<f Anne d’Autriche. (1661.) 95
prix que ce fût, il précédât celui d’Efpa-gne. Le Roi d’Angleterre, inquiété devoir qu’à la première occafion qui fe de-voir préfenter il y auroit de grands dé-fordres à Londres, dont en Ton particu-lier il pourroit fentir du dommage , fitce qu’il put pour trouver des tempéra-ments pour éviter que cette affaire n’eûtdes fuites fâcheufes. Il propofa de fairevenir les Ambaflàdeurs par la Tamife juf-que dans Whitehall. Il prefla celui d’Ef-pagne de ne s’y point trouver; mais tousfes expédients ne furent point agréés. Bat-teville , Ambaifadeur d’Efpagne , luimontra un ordre qu’il avoir de fon maî-tre , par où on lui commandoit de fairetous fes efforts pour précéder celui deFrance. Le Roi, de fon côté, refufa tousles tempéraments qu’on propofa , & or-donna à d’Eflrades de l’emporter fur Bat-teville, & d’aller, ainfi que je l’ai dit,au-devant des premiers Ambaflàdeurs quiviendroient à Londres. Le Comte d’Ef-trades fe mit en état d’obéir au Roi. Ileut long temps quelques hommes de mainqu’il paya , & fit fes préparatifs du mieuxqu’il lui fut poffible ; mais, à ce qu’il m’adit , il n’eut pas affez d’argent à jetterparmi le peuple, & peut-être qu’il n’eutpas le courage de hafarder le lien J car en