£Anne £Autriche. (1662.) 119deftie quand elles font paflees , fuivancle bien ou le mal qui le trouve dans notreintérieur, quand on vient à le découvrir,car c’eftle cœur qui eft ce qu’il y a de pi*re & de meilleur. Quand il eil bon, rienn’eft fi bon ; mais il n’y en a guere decetce efpece : le plus grand nombre eftde ceux que l’intérêt & l’orgueil ont tel-lement corrompu, qu’ii leur fait commet-tre des crimes ; mais celui qui paroît lemeilleur efi: pétri d’amour propre , quiefi: la fource de routes les foibleflès dontil eft capable, & de toutes les folies quidivertiflènt le public. Le Roi eft trop fa-ge pour ne le pas connoître, & pourprétendre qu’on l’en croye tout-à-faitexempt : il ue peut pas même ignorer queles Rois ont plus de peine à s’empêcherd’y tomber que les particuliers, & quele feul moyen d’en éviter la honte eft des’humilier devant Dieu encore plus queles autres hommes. Cette année com-mença par la promotion que le Roi fit defoixante Chevaliers de l’Ordre du Saint-Efprit, dont la cérémonie fe fie h l’ordi-naire dans l’Eglife des Auguftins.
Les préparatifs du Caroufel , dont ilvoulut régaler les deux Reines, à l’exem-ple de celui qui s’étoic fait au mariagedu feu Roi, occupèrent long-temps les