4 ' Anne (T Autriche. (^166%.') 143caufer; & lui faifant elle-même le dé-nombrement de leurs charges , tant defon mari que d’elle, elle lui dit que kprivation de tant de biens ne pouvoirchanger en elle la réfolution quelle avoitfaite, de fatisfaire au devoir de fa con-fcience. Elle le conjura de plus de cher-cher ailleurs que dans la niaifon de laReine, qui étoit la fienne, les objets defes plaifirs & de fesinclinations, puifqu’ilparoifloit déjà en avoir choit! en la per-fonne de Mademoifelle de la Valiere. LeRoi gronda , & il parut chagrin & demauvaife humeur; mais le foir même,ou le lendemain, cette Dame étant dan*la chambre de la Reine-Mere, appuyéfur fon baluftre d’argent , le Roi s’ap-procha de cette honnête Dame d’hon-neur, il lui tendit la main; & d’un airdoux & favorable pour elle, lui demandah paix. Il fit cette aétion, non-feulementcomme un grand Prince, qui avoit voulufe vaincre lui même en triomphant defes propres foibletTes, mais auffi commeun fort honnête homme, qui avoit tropde raifon pour refufer dé donner fon efti-me à qui la méritoit. Cette marque vifî-ble de l’équité du Roi & de fa bonté, medonna, je l’avoue, une grande joie. Jek regardons non - feulement comme un
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