d'Anne d'Autriche, (i 662.) 129loit embarquer ce Prince à cette galan-terie , elle ne manqua pas de l’animercontre les grilles qui avoienc été faites,à ce qu’elle difoit, plutôt pour le con-tredire & l’offenfer, que par aucun fcru-pule de confcience. Son deffein étoicde rentrer en faveur , & fe venger deMademoifelle de la Valiere & de laDuchefle de Navailles , deux perfonnesque le changement du Roi pour elle &l’intérêt de fa charge l’obligeoient dehaïr. Il ne faut pas s’étonner fi, par desflatteries artificieufes, ce Prince fut eneffet véritablement irrité contre la Du-chefîè de Navailles, difant qu’il ne s’em-preflbit à cette aventure que pour lui fai-re dépit, & qu’elle étoic trop fanfaronnefur la vertu pour la pouvoir fouffrir. Com-me il avoir en toutes chofes un pouvoirmerveilleux fur lui-même, il ne témoignapas alors tout ce qu’il fentit fur les peti-tes grilles, & la peine qu’il en eut fe ca-cha fous la raillerie & le mépris qu’il enfit ; mais il ne les oublia pas, & fa mé-moire eut enfuite de fâcheux effets con-tre ceux qui avoient ofé lui réfifter. Jefuis néanmoins perfuadée que, fans les in-trigues de la Comteflê de Soifions, laraifon & la bonté du Roi auroient aifé-ment effacé tout ce que fa mémoire au-
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