d'Anne dAutriche. (1662.) 131à fixer la deftinée de Mademoifelle de laValiere, fut que Mademoifelle de la Mot-te balança quelque temps en faveur de lavertu, & qu’elle au contraire ayant alorscelTé de fe défendre, ce fut par fa foi-bleflè qu’elle vainquit & qu’elle triom-pha de celle qui lui difputoit le cœur dece grand Prince. Mais comme je n’étoisla confidente ni de l’une ni de l’autre,je ne puis en parler que fort incertaine-menr.
Pendant que le Roi fe laifloit aller oùfes defirs le menoient, la Reine fouffroitbeaucoup. Elle ne favoit rien de ce quife pafloir, on lui cachoit par ordre de laReine-Mere toutes les galanteries du Roi.,Sa Dame d’honneur , qui étoit fitfeîfeau Roi & à elle, fe contentoit ée faire,fon devoir de tous côtés , & ne lutdifoit rien qui la pût affliger ; mais fecœur qui ne fe trompa p$inc, & que lavérité inftruit, lui fâifoit tellement, çon-noître, fans fe favoir précifément, queMademoifelfe de fe Valiere, que fe Rotaimok alors uniquement, étoit îa caufede fa fouffrance, qu’il étoit împofliblede lui cacher fon malheur. A mon retourd’un petit voyage que je fis en ce temps-làen Normandie, je trouvai la Reine encouche de Madame Anne-Elifabeth de
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