136 Mémoires pour fervir à ÎHift.pleurant amèrement, & le peu de peribn-nes qui s’étoient trouvées auprès deleurs Majeftés, & qui les avoient ouïes,m’en parlèrent, & en avoient encore lecœur biefle. Car il fembloit que cettegénéreufe Princeffe fe condamnant elle-même à la mort, voyoit le peu de tempsqu’elle avoit à demeurer fur la terre, oùfon âge lui pouvoir faire efpérer, vu fafanté, la durée d’une longue vieillelTe. Lelendemain elle porta elle-même ce cœurau Val-de-Grace ; & le donnant de fa pro-pre main h l’Abbefle, lui dit : Ma Mere>voilà un cœur que je vous apporte , pourle joindre bientôt au mien.
Peu après la mort de cette petite Prin-cefTe, on apporta à la Segnora Molina, Es-pagnole, & première femme-de-cham-bre de la Reine, une lettre qui parut dela Reine d’Efpagne, dont le deffus étoicécrit de fa propre main, & qui s’adrefloità la Reine. La Molina, qui avoit fervi■dans le palais d’Efpagne , connut auffi-tôt ce caradere; & voyant le paquet malplié, elle s’étonna de ce qu’il étoit enquelque façon différent des autres. On Jelui apporta de la part du Comte de Brien-ne, Secrétaire d’Etat ; mais pour l’ordi-naire, toutes les lettres de Madrid ve*soient par les couriers de l’Ambafladeur