ï 38 Mémoires pour feryir à l'Hlfl.pris de cette aventure ; car il ne croyofcpas qu’il pue y avoir perfonne dans fonRoyaume aflèz hardi pour fe mêler de (esaffaires malgré lui. Dans le trouble où ilfut, il demanda bruiquement à la Molinali la Reine avoit vu cette lettre ? Et luiayant dit plus d’une fois que non, le Roila mit dans fa poche, & la conferva foi-gneufement. L’étroite liaifon que j’avoisavec la Dutheflè de Navailles, qui paf-foit dans l’efprit du Roi pour une extra-vagante réformatrice du genre-humain ,fit qu’il me foupçona d’avoir écrit cet-te lettre ; mais comme j’étois auffi fortamie de la Molina, & que G elle avoit eule malheur de lui déplaire, il l’auroit fansdoute renvoyée en Efpagne, il fufpenditfon jugement là defTus, & dans cette in-certitude , fa colere n’éclata contre per-fonne. Nous lui verrons punir juftementles auteurs de cette pauvre invention ,qui fe trouvèrent être ceux qu’il hono-roic le plus de fa confiance & de fes fa-veurs. Ils lui furent auffi infidèles que lesperfonnes qu’il foupçonnoit de lui man-quer de refpeét, étoient zélées pour fonfervice.
Le temps qui coule toujours infenfibîe-ment nous avoit fait entrer dans l’année1663 , dont les divertiffements furent