cTAnne iAutriche. (1663.) 149en ont, que Dieu lui fera la grâce d’en êtreun jour touché par lui-même.
Les Médecins ayant purgé la Reine-Mere, fa fievre revint avec plus de vio-lence que jamais, & cette rechute les fitréfoudre de lui donner de l’émétique. LeRoi, qui déjà s’étoit rendu auprès d’ellebien guéri de fa maladie, qui avoit étéviolente & courte, la pria inftamment deprendre ce remede pour lequel elle paroif-foit avoir grande averfion. Son ConfefTeurlui dit auffi qu’il le falloit faire, que non-feulement elle ne s’oppoferoit point encela à la Providence divine fur elle ; maisque le faifant pour l’amour de Dieu,fon action feroit louable , fi bien qu’elles’y réfolut aufïï-tôt. Elle en prit deux fois,& guérit entièrement par ce dernier re-mede.
La joie fut grande dans la Cour par leretour de cette précieufe fanté. La crain-te de perdre la Reine - Mere avoit glacéles cœurs de tous les gens de bien. Lespauvres la regardoient comme leur me-re, & les affligés comme leur protectri-ce. Dans les jours qu’elle avoit été en pé-ril, les Eglif'es furent toujours rempliesde toutes fortes de perfonnes, qui deman-doient à Dieu la vie de cette vertueufgReine. Les fêtes & les Dimanches, la
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