ef Anne d? Autriche. (1663.) 151d’atour de la Reine , femme honnête &fage , mais aflèz naturellement dépour-vue démérité, fi elle avoit étéjaloufe defon mari ? Elle répondit que non, & qu’illui avoit toujours été fidele. La Reinealors , en riant, & d’un ton fenfible &pourtant aflèz doux, dit en Efpagnol, enfe levant pour aller fouper : Que en ejioparecea bien la mas tonta de la com-pagnia y quepor ella no dïria lo mifmo,(Qu’en cela elle parofiïoic bien la pluslotte de la compagnie, & qu’elle n’endiroit pas autant.)
Cette réponfe de la Reine fit voir clai-rement au Roi qu’elle étoit plus favantequ’il ne croyoit, & que fon lilence étoieplutôt un effet de fa difcrétion & de lacrainte qu’elle avoit de lui déplaire, quede fon ignorance. Je ne fais s’il en fut fâ-ché ; car étant réfolu d’aimer Mademoi-Celle de la Valiere, il defiroit peut-êtrequelquefois que les premiers fentimentsde la Reine fuflTent pafïes , afin de l’ac-coutumer à la fouffrance, & laiflèr adou-cir fes peines par le temps, qui fait effa-cer toutes chofes. Le point de cette gué-rifon n’étoit point encore arrivé : cettePrincefïè pleuroit fouvent; mais la Rei-ne fa mere l’affuroit toujours, de l’effimedu Roi, & lui confeilloit de ne fe pas
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