d'Anne â'Autriche . (1663.) 135Reine. Elle apprit enfin par cetre voiel’amour que le Roi avoit eu pour Ma-demoifelie de la Motte - Houdancourc,& ce qu’elle n’ignoroit pas tout - à - faitde Mademoifelle de la Valiere, maisdont la certitude lui fit jetter beaucoupde larmes. Son cœur connoiffoit par fespropres fentiments qu’il étoit trahi \ mais ilauroit peut-être été content de fe pou-voir dire encore à lui-même qu’il fe trom-poic. Jufques-là fa connoifiànce avoit étébornée ; car la Reine fa mere ne lui avoitjamais rien voulu avouer ; fa favorite laSegnora Molina étoit fage & difcrete ,& n’avoit point voulu mêler à fes trif-ees foupçons la douleur de la certitude.La Ducheiïè de Navailies fervant fi'dé*letnent Dieu , le Roi & fa maîtrefîe,avoit de même gardé un fecret inviolablefur tout ce qui paroiffbit fe devoir caicher, & n’avoit pas même rien dit à laReine contre la ComtefTe de Soiflbns.Cette Princeflè voulant donc prévenirun mauvais office qui ne lui avoit pointété rendu, en fit un bon à celle qu’ellecroyoic fon ennemie, & fe fit à elle-mêmele mal qu’elle vouloir éviter de la partdes autres. La Reine apprit par - là quelavoit été le zeie & la fidélité de fa Damed’honneur ; & toute remplie de ces chq-
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