î6o Mémoires pour fervir à tïttfï.que les hommes qui ont fait les Joix, enont ôté toute la rigueur à leur égard, &ce n’eft que dans le Ciel où l’égalité ducommandement fera que chacun recevrafélon fes œuvres.
La Cour demeura en cet état jufquesen Décembre, que le Roi fit paflèr auParlement plufieurs Ducs, qui n’avoientque des brevets , & en fit d’autres quin’en avoient point. De ces derniers futle Marquis de Montaufier, le Comte deNoailles , & le Comte de Saint-Aignan.Le Duc de Navailles, qui avoir un bre-vet plus ancien, fut exclus de cette pro-motion , dont il fût fenfiblement affligé.La Reine-Mere le fentit, comme fa gé-néreufe bonté l’y obligeoit. Elle fit cequ’elle put pour lui éviter ce terriblecoup : elle pria, elle parla ; mais le Roine voulut jamais rien accorder à fes de-firs. Il lui montra fes tablettes , où ilavoir écrit de fa main les raifons qu’ilcroyoit avoir eues de choifîr les uns pourcette dignité , & d’en priver les autres.Il avouoit à l’égard de celui qu’elle pro-tégeoit, qu’il l’eftimoit homme de bien,qu’il l’avoit bien fervi, mais qu’il luiavoitdéplu, & qu’il vouloir s’en venger. LaReine-Mere me fît l’honneur de me dire,pour le faire favoir au Duc & ï la Du-