Anne d'Autriche. (1664.) ipi
Le lendemain, elle eut des convulfionsqui firent craindre qu’elle ne mourût.Le Roi, fuivant la loi de ces contrarié-tés étonnantes qui fe trouvent en lui,comme en plufieurs autres hommes, mon-tra en cette occafion, félon qu’il avoitaccoutumé de le faire , des fentimentsfort tendres pour la Reine. Il pleura ; &dans fa douleur, outre les marques qu’illui donna de fon amitié, il en fit voirde fa foi. Il envoya diftribuer quantitéd’argent aux pauvres & aux prifons, pourdélivrer les prifonniers : il fit des vœuxpour la vie de cette Princefiè qu’il efti-moit par fa vertu, & qu’il ne pouvoirhaïr, vu fa beauté & la tendrefle crain-tive , refpeélueufe & foumife qu’elleavoit pour lui. Il dit au Maréchal deVilleroi, dans le temps qu’elle fut en tra-vail , qu’encore que ce fût pour lui ungrand malheur de perdre un enfant, ils’en confoleroit, pourvu que Dieu luifit la grâce de lui conferver la Reine, &que fon enfant pût être baptifé.
La Reine-Mere fut fenfiblement tou-chée du péril où elle vit la Reine. Ellela fit réfoudre, malgré fa tendrefle, &la peine qu’une jeune perfonne fent d’or-dinaire à la mort, à recevoir le faineViatique. Elle lui apprit qu’elle étoit en