d'Anne dAutriche. (1664.) 195qu’il était jufte de le bénir en tout temps.Elle continuoit de mettre alors fur fonfein de cette ciguë, qui paroifloic l’empi-rer beaucoup. Je le dis à Vallot. Il merépondit froidement, que s’il avoit étéfeul, voyant combien ce remede lui étoiccontraire, il y auroit plus de quinze joursqu’elle n’en mettroit plus. Je fus furprifede voir que de petits égards empêchoientcet homme de dire la vérité, & de la fou-tenir, en lui faifant hafàrder la vie d’unefi grande Princefle, & fi utile au monde.Je courus aufli-tôt le dire à la Reine-Me-re, qui, fans murmurer contre cette bar-barie, me dit feulement, mais en rougitfant : Il faut avoir patience.
Le quinzième du mois de Décembre,la Reine-Mere donna des marques publi-ques de cette confiance, qui devant s’aug-menter à la mefure de fes maux, dévoiesuffi la rendre un admirable modèle depatience & de piété. Ce fut à Noël auVal-de Grâce que fon mal fe déclaratout d’un coup très-grand & incurable.Eile eut une mauvaife nuit ; & quand lelendemain les Médecins la panferent, ilstrouvèrent fon fein en tel état, qu’ils enfurent étonnés. Elle connut leur furprifeà leur vifage, & toutes fes femmes qui