$ Anne d'Autriche. { 1665.)noître auffi que fa fermeté n’écoit pasfondée fur l’ignorance du péril, ni furaucun efpoir chimérique, & qu’elle trai-toit de ridicule les imaginaires confolationsque nous prenions dans les paroles de ceuxqui promettoient de la guérir.
Le Roi ne négligeoit rien de ce qui re-gardoit la vie de la Reine fa mere. Ilfaifoic faire des expériences à ceux quife préfentoient pour la traiter. II lui enparloir fouvent, & travailloit avec unegrande application à lui trouver des re-medes & des Médecins ; mais pendantqu’il s’employoit à découvrir lequel fe-roit le plus habile, le temps fepaffoit,&le mal de la Reine fa mere devenoit cha-que jour plus incurable. J’efpérois plusen cet Alliot de Lorraine qu’en nul au-tre, & je preflfois la Reine-Mere de s’enfervir; car Valiot& Guenot, Médecins duRoi & de la Reine, qui avoient vifitéles malades qu’il traicoit, l’eilimoient; &ne voyant rien de meilleur, confeilloientcette Princeflè de le prendre. Elle avoitoui dire que fes remedes étoient violents ;elle les craignoit, & ne pouvoir fe réfou-dre à s’abandonner à fa conduite : ellefentoit qu’il étoit deftiné non pas à la gué-rir , mais à être fon bourreau ; & un de mes
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