254 Mémoires pour fervir à îHifi.que pour elle Dieu l'avait condamnée àpourrir pendant fa vie. Dans tous cestemps là, elle fouffroit toujours beaucoup ,mais fes douleurs s’augmentèrent exceflive-ment quand les remedes d’Alliot appro-chèrent de la chair vive. Elle en vint enfinà une telle extrémité de fouffrance, qu’ayantperdu l’ufage de dormir, on lui faifoicprendre toutes les nuits du jus de pavot.Par-là feulement elle pouvoir trouver quel-que relâche à fes douleurs ; & quoiqu’ilfût aifé de juger que ce remede la condui-roit plus vite à la mort, il étoit impoflîbled’en blâmer l’ufage, parce que ce foulage-ment fi funefte mettoit quelques momentsd’intervalle à la longueur de fon fupplice.Il y eut néanmoins des jours & des tempsque Vallot & Guenau t, après l’avoir tant defois condamnée, dirent qu’elle ne mourroitpoint de fon cancer; mais ils fe trompèrenten tout, & jamais je ne les ai vu faire desjugements certains fur cette maladie.
Malgré les maux dont le corps de laReine-Mere étoit accablée, fon ame, tou-jours occupée à bien faire, la faifoic agirincefiamment pour le bien de tous, foiepour le général, foit pour chaque parti-culier. Comme je favois qu’elle avoitde bonnes intentions pour le Duc &