d'Anne et Autriche. (1665.)ne paflTent en tous que trop brièvement,elle fe mit au Ht, & le lendemain elle yfat encore jufques au foir; mais voulantvoir la Reine fa mere, elle jetta un man-teau de deuil fur elle, & defcendit dansfa chambre. Cette PrincelTe quafi mou-rante , apprenant cette même nouvelle,avoit pleuré , & dit feulement, parlantdu Roi fon frere, qu’elle le fuivroit bien-tôt. Quand elle fut que la Reine venoicla voir, elle nous commanda à toutes defortir de fa chambre, afin fans doute depouvoir fe plaindre de leur perte com-mune avec plus de liberté. Ces deux gran-des Prmceffes s’embralîèrent avec la dou-leur & les larmes que méritoit la tendreflèque ce Prince , qu'elles regrettoienc,avoit toujours eue & pour l’une & pourl’autre. L’Ambaflàdeur d’Efpagne, feultémoin de leur douleur, joignit fes lar-mes à celles que répandirent en cette oc-cafion les deux premières femmes dumonde en grandeur & dignité. Lui & laMolina, qui feule de femme y fut fouf-ferte, tâchèrent de les confoler, par laconfidération du bonheur éternel dontapparemment jouilfoit ce Prince. Il avoir'été toujours malheureux; mais il avoirfu profiter dans fes dernieres années defes affligions, de fes pertes, & de fesTome VI. M
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