$74 Mémoires pour fervir à l'ilifl.médie fut achevée, voir la Reine fa me*re, qui venoit d’être faignée. Dans cesétats fi terribles , elle pafTa de cruellesnuits, & l’excès de la douleur la forçantquelquefois de foupirer de temps en temps,parlant à Dieu, on entendoit qu’elle di-foit : Hélas , Seigneur ! je me plains , â?vous voulez que je foujfre. Depuis qu’ellefe fervoit du Milanois, fon martyre étoitaugmenté, par la puanteur qui fortoitde fon cancer. Cette fouffrance étoit ficontraire à fon inclination, qu’on peut direavec vérité que ce mal feul en étoit unfort grand pour elle. Un de ces jours,comme elle fe plaignoit de cette incom-modité , étant feule auprès d’elle , elleme fit l’honneur de me dire tout bas :Dieu veut en cela me châtier , d'avoir eutrop d'amour-propre , & d'avoir tropaimé la beauté de mon corps.
Le quinzième, on donna à la Reine*Mere une médecine, & les Médecinss’imaginèrent qu’elle lui avoit fait dubien; mais la nuit fuivante, elle fut trèsrmalade. Sa douleur fut fi grande, qu’ellefe fentit comme forcée de jetter des lar-mes , qui fortirent de fes yeux avec abon-dance. Mademoifelle de Beauvais , quila veilloit, me conta le lendemain quecette vertueufe Princeflè lui avoit dit : Je