d’Anne dAutriche, (i666.) 289derniere fois je remarquai qu’elle ne levoyoic pas en néceflité de boucher fonnez , fans avoir de quoi offrir à Dieu parde nouveaux fàcrifices ; puis regardant famain qui étoic un peu enflée, elle dit toutbas, comme fe le difant à elle même, enfaifant un pedc ligne de la tête, qui vouloirbeaucoup dire : Ma main ejl enflée , dà :il efl temps départir. Tant de maux &defouffrances n’avoient pu détruire la beautéde fes bras & de fes mains, jamais ils n’enavoient tant eu que dans ces derniers jours :ce que les maladies avoient pu gâter parun peu de maigreur, l’enflure qui leurref-toit de l’éréfypellele réparait parfaitement.Ils paroifloient plutôt des bras & des mainsd’albâtre que de chair ; mais ce qui dansle temps n’avoit pu finir, alloit être effacépar la fin de ce même temps.
L’Archevêque d’Auch, à qui la Reine-Mere s’étoit confiée du foin de la plusimportante affaire de fa vie , qui étoicde lui aider k la bien finir, lui dit alorsqu’elle n’avoic plus de temps à perdre, &qu’il étoit néceflaire de penfer à recevoirfes derniers Sacrements. Dans ce moment,je n’étois pas auprès de cette grandePrinceffe ; ma douleur m’obligeoit fou-vent de m’en féparer, & ce difcours qui
Tome VI. N