à'Anne d'Autriche. (1666.) 293œuvres, où la feule miféricorde de Dieu al-loit être toute fa richeflè. Elle écouta cedifcours avec un grand recueillement d’ef-prit, & communia avec une dévotion di-gne des fentiments de piété qu’elle avoireus toute fa vie. L’émotion d’une fi fainte& fi importante aétion, & celle de la fiè-vre, lui donnèrent alors du brillant dansles yeux, & du rouge au vifage; & danscet inftant,elie parut fi belle à tous, & par-ticuliérement au Roi qui étoit debout auxpieds de fon lit, que fe tournant vers Ma-demoifelle de Beauvais, qui fe trouva au-près de lui occupée au fervice, il lui dit àdemi-bas : Regardez la Reine ma mere :je ne P ai jamais vue fi belle . Après quecette admirable Princeflè eut employéquelque temps à remercier Dieu, à l’ado-rer, & à penferà l’éternité, elle fit appro-cher fes illuftres enfants, & leur donna làbénédidion, leur fouhaitant celle de Dieu,Elle la donna encore en particulier à. laReine pour Monfeigneur le Dauphin fonpetit fils, & h Moniteur, pour fes deuxautres enfants. Elle ne parla point à Mada-me en particulier; car elle crut, à ce quel’on s’imagine, que les fentiments de cettejeune Princeflè étoient fi fortement établisdans fon cœur, qu’il lui feroit impoflîble
N iij