et Anne d'Autriche. (1666.) 299motion & de tendreffè : Ha ! voilà leRoi : & après l’avoir confidéré quelquesmoments avec une attention qui paroifloitprocéder du cœur & de l’ame, touchéed’un fentiment naturel qui l’avoit réveilléede rafloupifTement funefte où elle étoit,elle lui dit : Allez , mon fils, allez fouper .La Reine s’étant auflî approchée de cettePrincefle mourante, elle la regarda d’unemaniéré qui me parut accompagnée defenfibilité; mais voulant fe détacher de cesroyales perfonnes qu’elle avoit tant aimées,elle lui dit d'un ton qui me fit devinertout ce qu’elle vouloit dire ,* Hija mia ,voyaffè , ( Ma fille, allez-vous-en } Oui,fans doute , elle penfoit en çet inftanEcombien cette jeune Princeflè perdoit enfa mort, étant privée de fes fages confeils,& environnée de certaines perfonnes in-capables de la conduire dans les routes dedouleur & de chagrin que les pallionsdu Roi lui préparaient, afin que, fans man»quer h la foumiffion & h la complaifancequ’elle lui devoir, elle pùt fatisfaire à ceque Dieu demandoit d’elle, & à fa pro*pre gloire. Sans doute qu’elle lui dit des’en aller, parce que ces penfées étoienccapables de lui faire de la peine & del’occuper trop, & qu’en l’état où elle étoit %
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