tTAnne iAutriche. (1666.) 303pas le râle de la mort ; & comme il feretira fans lui faire de réponfe , elle enten-dit ce que fon filence vouloir dire, &demeura fort en paix. On vit enfuite peu-à-peu la nature s’anéantir en elle, fesforces diminuer, fa vie finir, & fes yeuxcommencèrent alors à fe fermer pour ja-mais aux chofes de la terre.
Le Roi & la Reine furent dans la cham-bre de la Reine leur mere jufqu’à prèsde minuit, appuyés contre la table d’ar-gent qui étoit dans ce lieu, au-dehors dubaluftre de fon lit. Le Roi rega-rdoit enfilence celle qui lui avoit donné la vieperdre doucement la fienne, & ce funefteobjet dans ces terribles moments lui prou-va par des marques trop fenfibîes que lavie de l'homme ne fl qu'une vapeur , quis'élève de la terre & fe dijflpe en un mo-ment. Ce grand Prince, apparemment oc-cupé à cette méditation, vit que tout-à-coup la Reine fa mere s’affoibliflànt,îaiflà pencher fa tête du côté gauche. Alorsil fe fit un grand cri dans la ruelle de fonlit, à caufe que beaucoup de ceux quiétoient auprès d’elle ayant vu cette con-vulfion, crurent qu’elle alloit expirer. Cescris la réveillèrent. Elle ouvrit les yeux,qui, dans leur langueur, me parurent avoir