308 Mémoires pour fervir à FHifi.des, fût pour elle une marque publique& certaine de la netteté de fa vie, & del’affiftance qu’elle avoir reçue du Ciel,pour rendre fa vertu triomphante des foi-bielleshumaines. Oui,grande Reine, vousnous laiflèz deviner par ces paroles, quifurent quafi les dernieres que vous pro-nonçâtes diflinftement, la défiance quevous avez eue de vous-même, la ferme ré-fiftance que vous avez faite h la vanité, lesgrâces que vous avez demandées à Dieupour vaincre en ce combat, celles quevous avez reçues de fa bonté ; & commeil les a rendues vi&orieufes dans votreame, vous donnant la force de furmontertous les obftacles qui fe font oppofés à vo-tre falut, & de fuir tout ce qui auroit pului déplaire, & ternir votre gloire. My-lord Montaigu me confirmant lui-mêmedans l’explication que f’avois faite de cesparoles, m’a depuis dit qu’il avoit reçude la confolation de ce témoignage qu’elles’étoit rendu à elle - même, ajoutant qu’iln’avoit jamais connu de femme dont lecœur fût fi pur, & les intentions fi hon-nêtes & fi droites.
Enfuite de cette humble & gîorieufedéclaration, cette vertueufe Reine tetwdit le bras à fon Médecin, & lui dit,