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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE II.

seul département de la France actuelle, et, au temps deGhlodowig, que nous appelons Clovis, tous les habitantsde notre territoire, moins quelques milliers de nouveauxvenus, étaient chrétiens et bons chrétiens.

Si notre histoire se termine par Funité la plus complètede nation et de gouvernement, elle est loin de commencerde même. Il ne s'agit pas de réduire nos ancêtres à uneseule race, ni même à deux, les Franks * et les Gaulois :il y a bien d'autres choses à distinguer. Le nom de Gauloisest vague j il comprenait plusieurs populations différentesd'origine et de langage; et quant aux Franks, ils ne sontpas la seule tribu germanique qui soit venue joindre àces éléments divers un élément étranger. Avant qu'ilseussent conquis le nord de la Gaule, les Visigoths et lesBurgondes en occupaient le sud et l’est. L'envahissementprogressif des conquérants septentrionaux renversa legouvernement romain et les autres gouvernements quise partageaient le pays au v® sièçle; mais il ne détruisitpas les races d'hommes, et ne les fondit pas en uneseule. Cette fusion fut lente; elle fut l'œuvre des siècles:elle commença, non à l’établissement, mais à la chutede la domination franke.

diminutif familier d’un nom composé de dïux syllabes, et commençantpar le mot germanique hlod, qui signifiait illustre. L’n finale n’appartientpoint au nom originaire, mais à la déclinaison latine, dont elle marqueles cas obliques.

• Frank est le mot tudesque, le nom national des conquérants de laGaule, articulé suivant leur idiôme; Franc est le mot français, le termequi, dans notre vieille langue, exprimait la qualité d’homme libre, puis-sant, considérable: d’un côté il y a une signification ethnographique, del’autre une signification sociale correspondant à deux époques bien dis-tinctes de noire histoire; c’est cette diversité de sens que j’ai voulu mar-quer d’un signe matériel par la différence d’orlhographe. — On disaitau singulier Franko et au pluriel Frankon. Otfrid, poëte du ix e siècle écrit :Ther selbo Franko (ille ipse Francus), Frankon einon ' Franei soli), Fran-konolhiote (Francorum populo).