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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XL

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« combattre et de faire du butin, et rentrèrent dans leur« camp vers le milieu du jour. Ils résolurent de passer le« lendemain, qui était un dimanche, en cet endroit. Et« ce jour-là, après la célébration de la messe, ils enter-« rèrent également amis et ennemis, fidèles et traîtres,« et soignèrent également tous les blessés selon leur pou-« voir. Ils envoyèrent après ceux qui s’étaient enfuis leur« dire que, s’ils voulaient retourner à leur foi, toute« offense leur serait pardonnée. Ensuite les rois et Tar-te mée, affligés d’en être venus aux main» avec un frère« et avec des chrétiens, interrogèrent les évêques sur ce« qu’ils devaient faire à cause dp cela. Tous les évêques« se réunirent en concile; et il fut déclaré dans cette« assemblée qu’on avait combattu pour la seule justice,« que le jugement de Dieu l’avait prouvé manifestement,a et qu’ainsi quiconque avait pris part à l’affaire, soit par« conseil, soit en action, comme instrument de la volonté« de Dieu, était exempt de tout reproche; mais que si« quelqu’un, au témoignage de sa propre conscience,« avait conseillé ou agi dans cette guerre par 'colère, ou« haine, ou vaine gloire, ou quelque autre vice, il devait« avouer sa faute en confession, et faire la pénitence qui« lui serait imposée '... »

Cette alliance formée entre deux grandes massesd’hommes, qui, par une circonstance bizarre, ne s’unis-saient momentanément qu’afm d’être à l’avenir séparésd’une manière plus complète, fut confirmée Tannée sui-vante (842) par des serments publics. Louis et Charles seréunirent à Strasbourg avec leurs armées, dont Tune étaitcomposée d’hommes de toutes les tribus teutoniques,

1 Nitbardi Ilist., lib. H et m, apud Script, rer. gallic. et francic. i t. VII,p. 22 et 33.