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LETTRE XVI.
immédiat, les bourgeois de Laon, pour qu’aucune espècede garantie ne manquât à leur commune, sollicitèrent lasanction de l’autorité royale. Ils envoyèrent à Paris, auprèsdu roi Louis VI, des députés porteurs de riches présents %et obtinrent, moyennnant une rente annuelle, la ratifica-tion de leur charte de commune. Les députés rapportè-rent à Laon cette charte scellée du grand sceau de la cou-ronne et augmentée de deux articles ainsi conçus : « Les« hommes de la commune de Laon ne pourront être forcés« d’aller plaider hors delà ville. Si le roi a procès contre«quelqu’un d’entre eux, justice lui sera faite par la« cour épiscopale.
« Pour ces avantages et d’autres encore concédés aux« susdits habitants par la munificence royale, les hommes« de la commune sont convenus, qu’outre les anciens« droits de cour plénière, d’ost et de chevauchée, ils« donneront au roi trois gîtes par an, s’il vient dans la« ville, et s’il n’y vient pas, lui payeront en place vingt« livres pour chaque gîte 2 . »
Ainsi, tout paraissait aller à souhait pour la communede Laon; mais les bonnes dispositions de l’évêque Gaudrien sa faveur ne durèrent pas plus longtemps que l’argentdont on les avait achetées. Il était ami du luxe, et dépen-sait largement. Il en vint bientôt à regretter d’avoir aban-donné, pour une somme une fois payée et une rente mo-dique, le revenu qu’il tirait des tailles, des aides et de lamainmorte. Les clercs de l’église métropolitaine, qui
1 Compulsus et Bex est largitione plebeia id ipsum jurejurando fir-mare. (Guiberti de Novigento, de Vita sua , lib. ni, apud ejusdem Opéraomnia, ed. Luc d’Achery, p. 504. )
2 Recueil des Ordonnances des rois de France, t. XI, p. 187. Les droits d’os/
et de chevauchée (expeditio et equilalus) se payaient pour l’exemption duservice actif, en cas de guerre. ^