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LETTRE XVIII
Fin de l’histoire de la commune de Laon.
Les quarante-cinq années qui suivirent la révolutionde Laon furent des années de paix et de prospérité pourla nouvelle commune. Le souvenir de la guerre civileinspirait une sorte de crainte aux successeurs de l’évêqueGaudri; mais, à mesure qu’on s’éloigna de ces temps,le pouvoir épiscopal s’enhardit par degrés, et forma ledessein de reprendre tout ce qu’il avait abandonné. Cesprojets se révélèrent tout à coup, en l’année 4175, àl’avénement de Roger de Rosoy. C’était un homme degrande naissance, parent des seigneurs de Pierrepont etd’Avesnes, et allié du comte de Hainaut. A l’aide de sespuissants amis, l’évêque Roger se mit à travailler parintrigues et par menaces à la ruine du gouvernementcommunal. Comme c’était principalement à cause de sesnombreuses alliances qu’il inquiétait les bourgeois, ceux-ci, de leur côté, cherchèrent un appui au dehors. Ilsconclurent des traités d’amitié avec les communes deSoissons, de Crespy et de Vailly, et entrèrent en négocia-tion avec le roi de France, Louis VII, surnommé leJeune. Ils lui demandaient, moyennant une somme d’ar-gent, de confirmer et de jurer la charte donnée par sonpère 4 . Leurs propositions furent acceptées malgré les
1 ... Data Régi Ludovico æstimatione pecuniæ... (Anonymi canonicilaudun- Chron., apud Script, rer. gallic. et francic., t. XIII, p. 682.)