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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XIX.

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fut blessé à la poitrine d’une flèche qui traversa sonhaubert 1 .

Louis VI qui, en obligeant Thomas de Marie à resteren repos et à se faire absoudre par l’Église, avait accom-pli l’objet de son expédition, ne jugea pas à propos des’exposer aux dangers et aux fatigues d’un nouvel assaut.Il partit laissant quelques troupes qui, avec la coopéra-tion des bourgeois, tournèrent en blocus le siège de lagrosse tour 2 . Ce fut seulement au bout de deux ans queles assiégés rendirent le Castillon, qui fut aussitôt démoliet rasé. L’évêque Geotfroi ne démentit point son caractèred’ami des libertés du peuple. Il avait encouru le blâmedes adversaires des communes, qui étaient nombreuxparmi la noblesse et le clergé ; mais ses mœurs étaient sipures, et son zèle religieux si éclatant, qu’après sa mortl’Église l’honora du nom de saint. Si le mérite d’avoirfondé une commune ne lui fut pas compté, il y a septsiècles, parmi ceux qui lui valurent ce titre, c’est à nousde l’y ajouter comme un motif de plus pour vénérer samémoire.

Pendant que ces événements se passaient, et que lacommune d’Amiens luttait avec tant de peines contre sesanciens seigneurs, la ville de Soissons s’affranchit et seconstitua en commune, sans qu’elle eût besoin pour celad’entrer en rébellion ouverte. L’évêque et le comte, inti-

1 ... Mïssis ex tormento lapidibus utrasque (machinas) confregerunt.Et fervescente jactu missilium, quater vicennis, ut relatum est. vulne-ratis, etiam Regem jaculo in pectore loricato læserunt... At milites, quide machinis pendebant, obrui se videntes, fugam ineunt, nec moracæteri... (Guiberti deNovigento, de Vitasua, lib. ni, apud ejusdem Opéraomnia , ed. L. d’Achery, p. 517.)

2 Vidensigitur Rex inexpugnabilem locum ccssit, obsiderijubensdumfamé coacti se redderent. (Ibid.)