LETTRE XXI.
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repoussée presque aussitôt. Le maréchal ou lieutenantmilitaire de l’archevêque reçut, dans la retraite, un coupde flèche qui le blessa mortellement; la troupe se mit ensûreté en levant derrière elle le pont de la forteresse 1 .
C’était alors l’usage de garder dans les églises les grossesmachines de guerre qu’on appellait pierriers et mangon-neaux. Les insurgés y coururent ; et, s’emparant des ma-chines , ils les traînèrent jusqu’à la citadelle, dont ilscommencèrent à battre les murailles. La maison desfrères mineurs, située de manière à dominer quelquesouvrages du château, fut crénelée par eux afin d’y logerdes arbalétriers qui tirèrent jour et nuit sur les soldatsde la garnison. Mais, malgré l’impétuosité des attaques,la place résista, grâce à la force de ses murs et au cou-rage des assiégés. Les bourgeois, renonçant à l’emporterd’assaut, tournèrent le siège en blocus. Pour resserrer leplus possible la garnison, et l’empêcher de tenter aucunesortie, ils élevèrent sur le rebord extérieur du fossé uneligne de redoutes, revêtues en pierres. Afin de se pro-curer des matériaux en quantité suffisante, ils dépavaienttoutes les rues et enlevaient jusqu’aux tombes des cime-tières. Ils s’emparèrent aussi des pierres de taille de toutegrandeur destinées à la construction de la cathédrale, quin’était pas encore achevée 2 .
Pendant ce temps, l’archevêque Henri de Braine, tou-jours en voyage, redoublait d’activité auprès de ses suf-fisants pour les engager à ne point faiblir dans la dé-fense des privilèges ecclésiastiques. Le chapitre de Reims,
1 Anquetil, Hist. de la ville de Reims, 4756; t. Il, p. 41.
* . .Assumpserunt pro munitione... publicarum pavimenta viarum,tumbas cœmeteriorum, et lapides ad fabricant majo-ris Ecclesiæ dépu-tâtes... fMariot, Hist. Metropol. Remensis, édit, de 4666; t. II, p. 549.)