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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXL

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Conformément à cette bulle du pape, l’anathème contreles bourgeois de Reims fut prononcé dans toutes leséglises cathédrales de la province rémoise, avec les céré-monies graves et sombres qui s’observaient en pareil cas.Pendant que toutes les cloches sonnaient en branle,comme aux plus grandes solennités, l’évêque, revêtu deses ornements pontificaux, debout et ayant autour de luidouze prêtres dont chacun tenait à la main une torchede cire allumée, récitait en latin les paroles suivantes :« D’après l’autorité des lois canoniques et l’exemple des« saints pères, au nom du Père et du Fils, et par la vertu« du Saint-Esprit, nous les séparons du giron delà sainte« mère Église, comme persécuteurs des Églises de Dieu,« ravisseurs et homicides, et nous les condamnons par« l’anathème d’une malédiction perpétuelle. Qu’ils soient« maudits à la ville, maudits à la campagne. Que leurs«. biens soient maudits, et que leurs corps soient maudits.« Que les fruits de leurs entrailles et les fruits de leurs« terres soient maudits. Que sur eux tombent toutes les« malédictions que le Seigneur a lancées par la bouche« de Moïse contre le peuple violateur de sa loi. Qu’ils« soient anathèmes, Maranatha , c’est-à-dire qu’ils pé-rissent à la seconde venue de Jésus - Christ. Que nul« chrétien ne leur dise salut. Que nul prêtre ne célèbre« pour eux la messe, et ne leur donne la sainte commu-te nion. Qu’ils soient ensevelis dans la sépulture de l’âne,« et qu’ils soient comme un fumier sur la face de la terre.« Et à moins qu’ils ne viennent à résipiscence, et ne don-« nent satisfaction, par amende ou pénitence, à l’Église« de Dieu qu’ils ont lésée , que leur lumière s’éteigne« comme vont s’éteindre les flambeaux que nous tenons« dans nos mains... » Alors tous les prêtres jetaient leurs