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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXII. 345

« nant vous souffrez sans mot dire l’excessive dureté de« cet étranger, de cet Auvergnat si arrogant dans sespro-« pos, et si bas dans sa conduite, qui se permet non-seu-« lement des exactions sur vos biens, mais encore des« violences contre vos personnes. Séparez-vous de cet« homme, je vous le conseille, mes chers amis; si vous« formez entre vous une confédération jurée et que vous« promettiez de me garder fidélité, je vous prêterai se-« cours en toute chose, et tâcherai de vous rendre libres« de toute exaction et de toute coutume onéreuse 1 . »

Il y a, dans les grandes réunions d’hommes, un instinctde prudence qui les fait hésiter au moment de prendrequelque résolution hasardeuse. Les mécontents de Véze-lay, d’abord disposés à l’audace, parurent tout à coupreculer. Montrant à ce discours étrangement révolution-naire plus de calme que le comte ne s’y attendait, ils luidirent que trahir sa foi envers son seigneur était une chosetrès-grave, qu’ils tiendraient conseil sur leur réponse,et qu’ils la lui donneraient à un jour et dans un lieu con-venus. Quand l’assemblée se fut séparée, les hommes les

ralissimum Abbatem Artaldum, ob duas tantum domorum stationcsinterfecistis... (Hisl. Vizeliac. monast., apud L. d’Achery Spicil., t. II,1 >. 529, col. t.) —L’abbaye assignait dans la ville des logements parréquisition aux hôtes qu’elle recevait à la fête de Pâques et à celle de laMadeleine, ce qui privait les propriétaires des maisons ainsi retenues duprofit qu’ils auraient eu à les louer à des pèlerins ou à des marchands. Latransaction de H37 statua qu’aucun bourgeois ne subirait cette chargedeux fois de suile pour la même fête : « Addiderunt ut quorum hospicia,in uno Pascha hospitata fuerint, in proximo subséquente Pascha eisesse parcendum ; similiter et deFesto BeatæMariæ Magdalenæ deberifieri dixerunt. (Annuaire de l’Yonne, t845, p. 62.)

1 At vero si mutuam confœderalionem ad invicem jurantes, ad mequoque fidelitatem servare volueritis, ubique meo fruemini præsidio,atque ab omni prava exactione malarum eonsuetudinum liberos vosfacere studebo .. (Hist. Yiselac. monast., lib. ni, apud L. d’Achery Spicil.,t. Il, p. 529, col. t )