LETTRE XXI1T
Suite de l’histoire de la commune de Vézchiy.
Ce n’était pas tout pour la commune de Yézelay d’êtreconstituée par le serment mutuel de ses membres et parla nomination de ses magistrats; elle avait avec l’abbaye,propriétaire du sol, des rapports qu’on ne pouvait rompreet qu’il fallait régler pacifiquement; ce fut le premiersouci des consuls. Ils songèrent à négocier pour obtenirde l’abbé Pons une remise sur ses droits domaniaux,remise par laquelle aurait lieu le partage des droits quidevaient subsister comme anciens et inhérents au do-maine, et de ceux qui, abandonnés à la ville, seraientpour elle une première source de revenus communs. Ily avait alors à Vézelay deux légats du saint-siège, venuspour pacifier la querelle entre le comte de Nevers et l’ab-baye c’est à eux que les chefs de la commune, s’ap-puyant de l’autorité dont ils venaient d’être investis,s’adressèrent d’abord en sollicitant leur entremise 1 2 . Mais
1 Jean, cardinal légat en Angleterre, et Jordan, cardinal légat enGaule.
2 Ingressi denique majores natu, quique capila populi esse videbanturad Cardinales, freti auctoritate perfidiæ suæ postulabanlremitti sibi quas-dam consuetudines, quas novitatis et tyrannidis esse dicebant... [Ilist.Vizeliac. monast., lib. m, apud L. d’Achery Spicileg., t. II, p. 529, col. 2.) —Le sens des mots majores natu et auctoritate perfidiæ suæ est éclairci par cetautre passage du même historien : Misit itaque tyrannus majoribus conspirâtesproditionis, et futuræ concordiæ jussit eos interesse. ( Ibid., p. 531, col. 2.)L’auteur, ennemi de la commune, affecte de ne pas la nommer et la dê-Êigne vaguement par les mots conspiration, trahison, perfidie.