LETTRE XXIV.
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la meilleure paie. Dans le temps où ces événements sepassèrent, les rois de France et d'Angleterre se disputaientà main armée la possession de plusieurs villes de la Tou-raine et du Berry, et leurs querelles attiraient de ce côtéles capitaines de bandes et leurs soldats. Ceux qui venaientdu Midi, par la route de Lyon, devaient passer près deVézelay. Il fut donc facile à l’abbé Pons d’en engager pourquelque temps un certain nombre à son service. Il can-tonna dans le monastère les chevaliers, c’est-à-dire ceuxqui portaient l’armure complète, et il distribua les autres,avec ses paysans et ses serviteurs, dans les fortificationsque les bourgeois avaient élevées depuis l’établissementde la commune. La ville se trouva ainsi gardée contretoute attaque, et de nombreuses patrouilles circulèrentde jour et de nuit autour des murs et dans la campagnevoisine 1 . Les émigrés, dont la plupart étaient sans armes,renoncèrent à leur entreprise ; mais ils eurent partielle-ment des rencontres avec les soldats de l’abbaye, et plu-sieurs d’entre eux, faits prisonniers, furent mis aux fersou- livrés à différents supplices 2 .
L’abbé Pons s’empressa de faire acte de seigneurie ab-solue, en exerçant le pouvoir judiciaire indépendammentde la juridiction du comte de Nevers et sur les ruinesde la juridiction municipale 3 . Non-seulement il fit jugerpar sa cour .les bourgeois pris et ramenés dans la ville,mais des poursuites criminelles commencèrent contre les
* ...Et militibus infra castrum retentis, cæteros divisit, cum pueris suis,et posuit in munilionibus pessimorum... Ornnes autem jussit per vices etdie et nocte circuire et discurrere circa oppidum et prædia illius. ( Hist.Vizeliac. monast., lib. ni, apud d’Achery Spicil., t. Ii, p. 534, col. 1.)
3 Quicumque vero de fugitivis comprehendebantur, aut capt’ ûtatismiseria, aut membrorum muleta puniébantur... (Ibid.)
3 ...El obtinuitEcclesia jus justitiæ debitum, nec tyrannicam cogebaturdire euri arn pro ulciseenda justitia. (Ibid.)