LETTRE XXIV.
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chargés d’imposer à chacun, selon la valeur de ses biens,sa quote-part de la contribution collective. « Parmi tant« d’hommes, dit le narrateur contemporain, il n’y en eut« pas un seul qui fit la moindre résistance ni en action,« ni en parole 1 . » Mais il y eut un point sur lequel lesbourgeois de Yézelay se montrèrent moins dociles ; etquand l’ordre fut publié dans les rues que chacun eût àdémolir l’enceinte fortifiée de sa maison, nul ne se miten devoir d’obéir. Ces signes d’une liberté qui n’était plusleur devenaient chers; ils s’attachaient à eux par l’ima-gination, par un sentiment d’orgueil et peut-être aussipar un dernier reste d’espérance 2 . L’abbé, qui avait déjàcongédié ses soldats auxiliaires, se trouvait dépourvu demoyens efficaces pour contraindre les bourgeois à exécutercette clause importante de l’accord. Il convoqua plusieursfois les principaux d’entre eux, les somma à plusieursreprises, leur assigna des termes de rigueur; mais letemps venait, et personne n’obéissait 3 . La destruction dequelques murs crénélés, bâtis par des marchands et desartisans, dans une ville de quelques milliers d’âmes,devint une affaire de grande diplomatie. Les légats duSaint-Siège s’en occupèrent aussi activement qu’ils s’é-taient occupés du comte de Nevers et de la commune,
1 ... Nec fuit in his omnibus qui resisteret, vel aperiretos contradi-cendo, quoniam ablatum est cornu superbiæ illorum, et contrita est virgaforiitudinis eorum... ( Hist. Vizeliac. monast ., lib. ni, apud d’AcherySpicil., t. Il, p. 535, col. I.)
2 Verumtamen antemuralia domorum evertere dissimulantes neglexe-runt, quoniam hoc præceptum in scandalum erat illis, et quasi aculeusterebrans oculos eorum. ( Ibid.)
3 Peractis autem Dominicæ nativitatis Kalendis, vocavit eos Abbas,monuitque ut juxta compositionem pacis, quod necdum fecerant perfice-rent, de diruendis munitionibus domorum , constituitque illis terminumquo jussa complerent. (Ibid , p. 535, col. I.)