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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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DE MADAME DE SÉVIGNÉ.

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penser, qui nimportunait. I) nest plus question maintenant quede la guerre du syndicat : je voudrais quelle fût déjà finie. Jecrois quaprès avoir gagné votre petite bataille dOrange, vousnaurez pas tardé à commencer lautre. Vous ne sauriez croirela curiosité quon avait pour être informé du bon succès de cebeau siège ; on en parlait dans le rang des nouvelles. Jembrassele vainqueur dOrange, et je ne lui ferai point dautre compli-ment que de lassurer ici que jai une vérilable joie que celtepetite aventure ait pris un tour aussi heureux ; je désire le mêmesuccès à tous scs desseins, et lembrasse de tout mon cœur.Cest une chose agréable que lattachement et lamour de toutela noblesse pour lui : il y a très-peu de gens qui pussent fairevoir une si belle suite pour une si légère semonce. M. de LaGarde vient de partir pour savoir un peu ce quon dit de cetteprise dOrange : il est chargé de toutes nos instructions, et, surle tout, de son bon esprit, et de son affection pour vous. DHac-queville me mande quil conseille à M. de Grignan décrire auroi : il serait à souhaiter que, par efîet'de magie, cette lettre fûtdéjà entre les mains de M. de Pomponne, ou de M. de La Garde ;car je ne crois pas quelle puisse venir à propos. Laffaire du syn-dic sest fortifiée dans ma tête par labsence du siège dOrange.

Nous soupàmes encore hier avec madame Scarron et labbéTêtu chez madame de Coulanges : nous causâmes fort; vousnètes jamais oubliée. Nous touvâmes plaisant daller ramenermadame Scarron à minuit au fin fond du faubourg Saint-Ger-main, fort au-delà de madame de La Fayette, quasi auprès deVaugirard, dans la campagne ; une belle et grande maison 1lon nentre point; il y a un grand jardin, de beaux et grandsappartements ; elle a un carrosse, des gens et des chevaux ; elleest habillée modestement et magnifiquement, comme une femmequi passe sa vie avec des personnes de qualité; elle est aimable,belle, bonne et négligée: on cause fort bien avec elle. Nous re-vînmes gaiement, à la faveur des lanternes et dans la sûretédes voleurs. Madame dIleudicourt 3 est allée rendre ses devoirs :il y avait longtemps quelle navait paru en ce pays-.

On disait lautre jour à M. le Dauphin quil y avait un hommeà Paris qui avait fait pour chef-dœuvre un petit charriot traînépar des puces. M. le Dauphin dit à M. le prince de Conti : Moncousin, qui est-ce qui a fait les harnais ? Quelque araignée duvoisinage, dit le prince. Cela nest-il pas joli? Ces pauvres filles(de la reine) sont toujours dispersées : on parle de faire desdames du palais, du lit, de la table , pour servir au lieu des

Cest dans cette maison quétaient élevés les enfants du roi et de madame deMontespan , dont madame Scarron était gouvernante.

ftonne de Pons, marquise d'Heudicourt.

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