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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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LETTRES

lbrce à soutenir un procès par pure générosité pour une de sesparentes. Sa philosophie est entièrement dérangée. Il est dansune agitation perpétuelle. 11 y épuise sa santé'et sa poitrine. En-fin, cest un malheur pour lui, dont tous ses amis sont au dés-espoir.

193. Au comte de Bussy.

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A Pari», 97 juin 1679.

Je nai pas le mot à dire à tout le premier article de votre let-tre, sinon que Livry cest mon lieu favori pour écrire. Mon es-prit et mon corps y sont en paix; et quand jai une réponse àfaire, je la remets à mon premier voyage. Mais jai tort, celafait des rctardements dont je veux me corriger. Je dis toujoursque si je pouvais vivre seulement deux cents ans, je deviendraisla plus admirable personne du monde. Je me corrige assez aisé-ment, et je trouve quen vieillissant même, jy ai plus de facilité.Je sais quon pardonne mille choses aux charmes de la jeunes-se, quon ne pardonne point quand ils sont passés. On y regardede plus près; on nexcuse plus rien; on a perdu les dispositionsfavorables de prendre tout en bonne part ; enfin, il nest plus per-mis davoir tort ; et dans cetle pensée, lamour-propre nous faitcourir à ce qui nous peut soutenir contre cette cruelle déca-dence, qui, malgré nous, gagne tous les jours quelque ter-rain.

Voilà les réflexions qui me font croire que dans làge jesuis on se doit moins négliger que dans la fleur de làge. Maisla vie est trop courte ; et la mort nous prend, que nous sommesencore tout pleins de nos misères et de nos bonnes intentions.

Je loue fort la lettre que vous avez écrite au roi ; je la trouvedun style noble, libre et galant qui me plaît fort. Je ne croispas quautre que vous ait jamais conseillé à son maître de lais-ser dans lexil son petit serviteur, afin de donner créance au bienquon a à dire de lui, et dôter tout soupçon de flatterie à sonhistoire.

Ce que ma chère nièce ma écrit me parait si droit et si bon ,que je nen veux rien rabattre : il est impossible quelle nemaime pas, à le dire comme elle le dit.

A MADAME DE COUGNY.

Je vous en remercie, ma chère nièce, et je voudrais, pourtoute réponse, que vous eussiez entendu ce que je disais de vouslautre jour à madame de Vins, belle-sœur de M. de Pomponne,très-aimable aussi : je vous peignis au naturel et bien. Il y atrès-peu de personnes qui puissent se vanter davoir autant devrai mérite que vous.

Notre pauvre ami est abîmé dans son procès. Il le veut traiter