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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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DR MADAME DE SÉVIGNÉ.

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sujets à ces sortes dhivers ; dès que votre bise est passée, lechaud reprend le fil de son discours, et Rochecourbières nestpas interrompu. Savez-vous comme écrit Montgobert? elle écritcomme nous; son commerce est fort agréable. Elle me parlaitla dernière fois dun déjeuner quelle devait donner dans sachambre, vous deviez survenir; tout cela est tourné plaisam-ment. Faites-la écrire pour vous, ma très-chère, et reposez-vous en me parlant ; cela me fait un bienque je ne puis vousdire. Je donne à examiner cette question à Rochecourbières,si cette joie que j'ai de ne guère voir de votre écriture est une mar-que d'amitié ou dindifférence . Je recommande cette cause àMontgobert ; cest que je suis toujours charmée de la confiance,et cen est ufie que de croire fermement que jaime mieux vo-tre repos que mon plaisir, qui devient une peine dès que je mereprésente létat vous met cette écritoire.

Je fais ici des promenades qui me font sentir lamertume devotre absence, plus tristement encore que vous ne pouvez sen-tir la mienne au milieu de votre république ; car assurément lacompagnie de Grignan est si bonne et si grande , quelle doitvous donner plus de dissipation que le milieu de Paris. Votrepetit bâtiment est achevé ; on vous en mandera des nouvelles.En voulez - vous savoir de madame de la Hamelinière 1 ? Elle aété ici sept jours entiers, elle ne partit quhier, après que jeuspris ma médecine. Jenvie bien les chevaux gris quelle fit pa-raître dans ma cour; la familiarité de celte femme est sansexemple ; elle s'en retourne chez M. marquis de la Roche-Giffard, d elle venait; elle a son équipage ; elle ne parle quede lui. La scène est à vingt lieues dici, mais cela ne lembar-rasse pas. Votre bon cousin ne laisse pas de ladorer, et dado-rer aussi M. le marquis. On parlerait longtemps-dessus ; leschoses singulières me réjouissent toujours. Je vous assure queje fus fort touchée du plaisir de voir partir ce train ; jétais dansmon lit, mais je fus très-bien instruite du bruit du départ; je nesouhaite point quil me vienne dautres visites : jai mille petiteschoses à faire, et jai à lire, car il ne faut point parler de lireavec cette compagnie-. Je men vais reprendre mes conversa-tions toutes pleines de votre père (Descartes). Mais une bonnefois, ma très-chère, mettez un peu votre nez dans le livre de laPrédestination des Saints, de saint Augustin, et du Don de lapersévérance : cest un fort petit livre, il finit tout. Vous y ver-rez dabord comme les papes et les conciles renvoient à ce Père,quils Appellent le docteur de la grâce; ensuite les lettres dessaints Prosper et Hilaire, il est fait mention des difficultés

Une* parente ridicule qui tftait venue lui rendre visite.