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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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AUB

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AUG

AUBÉPINE [anc. fr. albe du lat. albus, et épine), s. f.Arbrisseau épineux qui produit de petites fleurs blan-ches et dont les baies sont astringentes.

AUBÈRE (lat. albus), adj. Cheval aubère, cheval dontle corps est recouvert d’un mélange de poils rouges etde poils blancs. || S. m. Robe d’un cheval aubère. L’au-bère clair ; l'aubère rougeâtre.

AUBERGE (voy. héberger), s. f. Maison où on logeet nourrit les voyageurs pour de l’argent. j| Famil.Tenirauberge, recevoir tout le monde à sa table. || Prendre lamaison de quelqu’un pour une auberge, aller y dînersouvent et sans invitation.

* AUBERGE, s. f. Yoy. âluerge.

AUBERGINE (diminutif d'auberge), s. f. Espèce demorelle. || Le fruit même.

AUBERGISTE, s. m. et f. Celui, celle qui tient au-berge.

AUBIER (b. lat. albarius, du lat. albus), s. m. Cou-ches les plus superficielles du bois dans les arbres dico-tylédones, celles qui sont entre l’écorce et le liber.

AUBIFOIN, s. m. Nom vulgaire de la centaurée bleue.

AUBIN (angl. hobby), s. m. Allure défectueuse ducheval, dans laquelle, galopant encore du devant, il nepeut que trotter du tram de derrière. 11 Anciennement,le cheval lui-même.

AUBINER, v. n. Aller l’aubin.

AUCUN, UNE (lat. aliquis unus), adj. Au sens dequelque, s’emploie très-bien dans les phrases dubitativesou interrogatives, mais autrement c’est un archaïsme ;ici par exemple : Aucuns des vins sont approuvés,Lâ Font. || S’emploie comme pron. indéf. dans le sens dequelqu’un. Je ne crois pas qu’aucun puisse y parvenir.|] Au pl. Aucuns, d’aucuns, c’est-à-dire quelques-uns,en style de palais et en style marotique ou familier. Cefait est raconté par aucuns. Il y en a d’aucuns qui...

Aucun, aucune, adj. avec une négation ou la préposi-tion sans, pas un. Aucun de nos grands écrivains n’atravaillé dans le genre de l'épopée, Yolt. || Ne... aucun...que, signifiant pas un, si ce n’est. N’ayant aucun emploiqu’à passer une vie douce et innocente, D esc. || Au pl.C’est une petite ville qui n’est divisée en aucuns partis,la Bruy. Je n’ose faire aucuns projets, Yoi.t. || Aucunpris absol. et elliptiq. avec le sens négatif. Y avait-il làquelqu’un de vos amis ? Aucun ; c’est-à-dire il n’y enSvait aucun. || Aucun, aucune, pris comme pron. indéf.avec une négation, dans le sens de pas un. Aucun n’estprophète chez soi, i a Font.

aAUCUNEFOIS ou AUCUNESFOIS, adv. Quelquefois.

AUCUNEMENT, adv. En quelque façon; emploi en-core usité avec une phrase dubitative ou interrogative.Je ne crois pas qu’on puisse aucunement... Est-il aucu-nement question de...? || Jusqu’à un certain point, avecune phrase affirmative. Cet emploi a vieilli, ou bien il estterme de palais : La cour ayant aucunement égard à lademande du requérant, c’est-à-dire la cour ne rejetantni n’admettant en totalité la demande. On pourrait au-cunement Souffrir ce défaut aux hommes, la Font.|| Avec une négation, en aucune façon. Cela ne modifieaucunement mon opinion.

AUDACE (lat. audacia), s. f. Mouvement de l’âmequi porte à des actions extraordinaires, au mépris desobstacles et des dangers. || Fig. Aristote et Théophraste,pourexcuser l’audace de ces figures [derhétorique], Boil.

AUDACIEUSEMENT, adv. D’une manière audacieuse.

AUDACIEUX, EUSE, adj. Qui a de l’audace, qui an-nonce de l’audace. || Subst. Un jeune audacieux.

* AU DEÇÀ,, loc. adv. De ce côté-ci, par opposition àau delà, qui signifie de ce côté-là. || Au deçà de, loc.prép. La Savoie est pour nous au deçà des Alpes. || Fig.Rester au deçà de ses prétentions, ne pas demander toutce qu’on pourrait prétendre.

AU DEDANS, loc. adv. À l’intérieur. [| Fig. La haineque les cœurs conservent au dedans, Corn. || Au dedansde, loc. prép. Au dedans de la maison.

AU DEHORS, loc. adv. A l’extérieur. || Au dehors de,loc. prép. Au dehors de la maison.

AU DELÀ, loc. adv. De ce côté-là, par opposition à audeçà, qui signifie de ce côté-ci. |] Fig. Encore plus. J’airegagné mon argent et au delà. || Au delà de, loc.prép.

Les Alpes au delà de la Savoie. 11 Plus loin. Je te clubrirai même au delà du trépas, Corn. || Fig. Des chosesqui sont au delà de leurs forces, Fén.

AU-DESSOUS, loc. adv. Plus bas, inférieurement.

1 1 Au-dessous de, loc. prép. Des enfants au-dessous de dixans. || Fig. Cet homme si fort au-dessous de Moïse, Ross.N Être au-dessous de scs affaires, se dit d’un négociant,d’un banquier, etc. qui est gêné et menacé de faillite.

AU-DESSUS, loc. adv. Plus haut, supérieurement.|| Au-dessus de, loc. prép. Les enfants au-dessus de septans. JJ Fig. J’ai le cœur au-dessus des plus fières disgrâ-ces, Corn. Ne cherchez point les choses qui sont au-dessusde vous, Fén. || Familièrement. On en a au-dessus desyeux, on n’y tient pas, la lia ut.

AU-DEVANT, loc. adv. Dans une situation antérieure.Il y avait un marais au-devant. 11 À la rencontre. Il Fig.Vous courez au-devant du danger. J| Au devant de, loc.prép . Le fleuve est au-devant de la ville. | [ A la rencontre.Cours au-devant de ton maître, Rac. || En avant de. Jus-u’au-devant des murs je cours le recevoir, Corn. || Fig.e me jette au-devant du coup qui t’assassine, Corn.

AUDIENCE (lat. aadientia), s. f. Attention que Toudonneà celui qui parle. J’ai toujours donné audienceàtous les avis. |f Réception où l’on écoute ceux qui ontà nous parler. Demander audience.] | Séance d’un tri-bunal. Jour d’audience. J| Par extens. Le tribunal meme.Des audiences qui sont a peu près ce que sont nos parle-ments, Volt. || Le lieu où se tient l’audience. La policede l’audience appartient au juge. |] Par extens. et collec-tivement, ceux à qui on donne audience ou qui assistentà une audience. Un prince aussi grand d’ailleurs que ce-lui qui honore cette audience, Ross. || Nom que les Espa-gnols donnaient à leurs cours souveraines de justice dansles Indes occidentales.

AUDIENCIER, adj. m . Huissier audiencier, huissierchargé d’appeler les causes. || S.m. L’audiencier. j| Grandaudiencier, officier de la chancelleriechargé des rapports.

AUDITEUR (lat. auditor), s.m. Celui qui écoute. Sesauditeurs l’ont «applaudi. || Disciple. || Officier de judi-cature qui assiste aux audiences, mais qui n’a pas voixdélibérative. Un auditeur. \\Adj. Unjuge, un conseillerauditeur. || Titre de certaines charges, de certains,em-plois. Auditeur des comptes. Auditeur au conseil d’Etat,fonctionnaire qui est au-dessous du maître des requêtes.

AUDITIF, 1VE, adj. En anat. Qui appartient à l’ouïe.

AUDITION (lat. auditio), s. f. Action d’écouter. Ilest difficile de juger d’une pièce de théâtre-à la pre-mière audition. || T. de procédure. L’audition des té-moins, l’action d’entendre les témoins à charge et à dé-charge. || Audition de compte, examen d’un compte.

AUDITOIRE (lat. auditorium), s. m. Enceinte où uneassemblée se reunit pour entendre des orateurs. [ | Lieuoul’on plaide dans les tribunaux. || Collectivement, tousceux qui écoutent.

AUGE (lat. alveus), s. f. Pierre creuse ou pièce debois creuse où mangent et boivent les chevaux et lesbestiaux. || Vaisseau de bois dans lequel les maçons dé-layent leur plâtre. || En hydraulique, roue à auges, voy.auget. || En phys. Pile à auges, pile où les couplesd’éléments, zinc et cuivre, sont placés et mastiquésdans une boîte longue en forme d’auge.

AUGÉE, s. f. Ce que peut contenir une auge.

AUGET, s. m. Petite auge où l’on met la mangeailledes oiseaux. || Extrémité de la trémie d’un moulin.

11 En hydraulique, auges ou plus ordinairement augets,espèce de seaux ou de godets placés à la circonférenced’une roue pour recevoir l’eau qui la fait mouvoir. 11 Es-pèce de boite dans laquelle s’agenouillent les laveuses.

AUGMENT (lat. augmentum) , s. m . Addition qui sefait au commencement de certains temps des verbesgrecs : si le verbe commence par une consonne, c’estun e et on l’appelle augment syllabique; si le verbecommence par une voyelle, cet e bref, en se contractantavec cette voyelle initiale, la rend longue si elle ne l’estpas, et par conséquent l’augmente d’un temps ; on l’ap-pelle alors augment temporel. || Enméd. Période d’ac-croissement des maladies. j| Dans l’ancien droit, portiondes biens du mari que la loi permettait de donner à lafemme survivante.