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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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BEY

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lement besoin, besoin que le corps éprouve de seébarrasser de la partie des aliments qu’il ne s’est pasassimilée. Faire ses besoins, satisfaire aux nécessitésnaturelles. || Avoir peu de besoin, se dit de celui qui serestreint au strict nécessaire ou à peu près. j| On dit,dans un sens tout à lait semblable, n’avoir aucun besoin.|| Au sens moral, les besoins de l’àme, les sentimentsqui portent l’àme à rechercher certaines satisfactionsmorales ou intellectuelles. [| Indigence, dénûment. Etredans le besoin. || Choses nécessaires à l’existence. Jeme procurerai tous mes besoins, Monteso. || Exigence,conjoncture difficile, embarras. En de si grands besoins,Bac. || Sans besoin, sans que la chose soit exigée, sansnécessité. || Au besoin, si la chose est exigée, en cas denécessité. || En un besoin, même sens. || Impersonnelle-ment. Il est de besoin, il est nécessaire. || Selon qu’il estde besoin, Dusc. || Aujourd'hui on dit de préférence sansla préposition de:l 1 est besoin. Il est besoin que je parte.Il est besoin de partir.

BESSON, ONNE (b. lat. bisso, de bis), adj. Jumeau,jumelle; l’un des deux enfants dune même couche.|| Vieux et inusité, si ce n’est dans quelques provinces.

BESTIAIRE (lat. bestiarius), s. rn. T. d’hist. rom.Gladiateur qui combattait dans l’amphithéâtre contreles bêtes féroces, pour l’amusement du peuple.

* BESTIAIRE (lat. bestiarium), s. ni. Dans l’histoirelittéraire du moyen âge, recueil de fables et de mora-lités sur les bêtes.

BESTIAL, ALE (lat. bestialis 1, adj. Qui tient de labête. Vie bestiale.

BESTIALEMENT, adv. En bête brute.

BESTIALITÉ [bestial], s. f Acte de bête. || Commercecontre nature avec une bête. Crime de bestialité.

BESTIASSE, s. f. Personne stupide. || Il est popul.

BESTIAUX (plur. del’anc. fr. bestial, bétail), s. m. pl.Terme collectif désignant l’ensemble des animaux qu’onentretient dans une exploitation rurale.

BESTIOLE (lat. bestiola), s. f. Petite bête. || Fig. etfamil. Jeune enfant niais, sans esprit.

* BESTION (dimin. de beste, bête), s. m. Petite bête.Le pauvre bestion tous les jours déménage, la Font.\{Aupl. Bestions a signifié autrefois des représenta-tions de bêtes sur des tapisseries. Tapisseries de bestions.

BÊTA, s. m. Homme très-bête.

* BÊTA (beth phénicien), s. m. Deuxième lettre del’alphabet grec ancien ; elle correspond à notre B.

BÉTAIL ;)! mouillée. B. lat. bestiale],s. m. Ensembledes animaux mammifères entretenus pour la culture dusol, les charrois, la production des engrais, du lait, dela graisse. Le gros bétail, cheval, âne, mulet, bœuf. Lepetit bétail ou le menu bétail, porc, chèvre, mouton.

BÊTE (lat, bestia],s. f. Tout animal excepté l’hommeou, dans le langage scientifique, animal qui est placé,dans la série, au-dessous du genre humain. || Bêtes àcornes, les bœufs, les vaches, les chèvres, etc. Bêtes àlaine, celles qui portent une toison. Bêtes à poil, boucs,chèvres, cochons. Bêtes de somme, celles qui portentdes fardeaux. Bêtes de trait, celles qu’on attelle à unevoiture. J| Bêtes féroces, celles qui se repaissent dechair et de sang. Bêtes farouches, celles qu’il est dif-ficile d’approcher et presque impossible d’apprivoiser.Bêtes sauvages, celles qui vivent en liberté dans lesbois et les campagnes. || En t. de chasse, au singulier etabsolument, la bête, celle que poursuivent les chas-seurs. || Au pluriel et absolument, les bêtes, les ani-maux féroces que les Romains faisaient figurer dans lecirque. Les martyrs étaient livrés aux bêtes. || Fig. Êtrelivré aux bêtes, être livré au jugement, à la critique degens ignorants ou passionnés. J| En langage mystique,la bête, le caractère animal qui se retrouve au fond del’humanité. || La partie animale de notre personne. Jesuis fatigué, la bête n’en peut plus. || La bête noire,la bête d’aversion ou simplement la bête, la personneu’on déteste lopins. || Personne de peu d’esprit, de peue jugement. || Fig. et famil. Une fine, une malignebête, une personne rusée, méchante, artificieuse. || C’estune bonne bête, une personne de peu d’esprit mais d’unbon naturel. || C’est la bête du bon Dieu, il pousse labonté, la crédulité jusqu’à la bêtise. 11 Faire la bête, fleu-

rer, s’attrister sans raison, et aussi affecter la bêtise, etencore refuser mal à propos. || Adj. Sot, stupide, lin airbête. [| S. f. La bête, jeu de cartes qui se joue à quatreou à cmq. J| Somme qu’on dépose quand ou a perdu uncoup et qui reste au jeu pour celui qui gagnera. Faire sabête. Mettre la bête. || Remonter sur sa bêle, gagner lecoup après celui ou on a lait la bête et reprendre ce qu’onavait perdu, et fig. réparer une perte, un mécompte,une mésaventure. || Bête à Dieu, ou bête à Martin, oubête à bon Dieu, nom vulgaire des coccinelles.

BÉTEL ( betle, nom indien du poivre), s. m. Mé-lange de substances très-actives dont on fait usagedans les régions tropicales comme masticatoire, toniqueet astringent.

BÊTEMENT, adv. En bête, stupidement.

BÊTISE, s. f. Défaut d’intelligence et de jugement.

11 Action ou propos de bête. ( | Propos léger et inconvenant.

BÉTOINE (esp. belonica, de Vcttones, nom lat. d’unpeuple de la Lusitanie), s. f. Plante de la famille deslabiées, dont la racine est purgative. 11 Bétoine de mon-tagne, nom vulgaire de l 'arnica montana.

BÉTON (anc. fr. beter, se cailler, ou le b. lat. betunium,gravois), s. m , Mortier fait de chaux, de sableet de gravier.

, * BÉTONNAGE, s. ni. Travail fait avec du béton.

* BÉTONNER, v. a. Construire avec du béton.

BETTE (lat. beta), s. /’. Genre de plantes de la fa-mille des arroches, dont une espèce, la bette ordi-naire, renferme trois variétés principales alimentaires,la poirée, la carde poirée, la betterave.

BETTERAVE (bette et rave) ,s.f. Racine charnue, très-grosse, qui fournit un aliment agréable et nourrissant,et de laquelle on retire un sucre identique avec celuide la canne. || Famil. Avoir le nez rouge comme unebetterave, avoir le nez très-rouge et bourgeonné.

BÉTYLE (jîaèTu/.o;), s. m. Pierre portant certainesmarques et adorée par les anciens comme une idole.

BEUGLEMENT, s. m. Cri du taureau, du bœuf et dela vache.

BEUGLER (b. lat. buculus, dimin. de bos), v. n.Pousser des beuglements. || Fig. Crier très-fort. || F. a.Beugler une chanson.

BEURRE (lat. buti/rum, ftobrupo-j, de jÇoO; et tu piz,s. ni. L’un des principes constituants du lait de la vacheet de quelques autres quadrupèdes mammifères, commela brebis, la chèvre, etc. || bubstance grasse que l’ontire de la crème du lait en la battant. Beurre frais.Beurre salé. || Fig. Promettre plus de beurre que depain, promettre plus qu’on ne peut, qu’on ne veut te-nir. || Fig. et famil. On y entre comme dans du beurre,cela se coupe, se fend, s’onvre sans résistance. 11 Nom deplusieurs préparations culinaires dont le beurre est labase. Beurre d’anchois. || Beurre fondu. ]| Beurre noir,beurre qu’on a fait noircir dans la poêle. | j Popul. Avoir lesyeux au beurre noir, avoir les yeux meurtriset gonflés parun coup. || Beurre de mai, beurre fait dans le mois demai, et considéré superstitieusement comme un onguentpropre à guérir plusieurs sortes de plaies. || Beurre decacao, huile qu’on obtient des amandes du cacaotier.

|j Beurre de coco, graisse renfermée dans les noix decocotier. || Beurre, dans l'ancienne chimie, se disait deschlorures métalliques. Beurre d'antimoine.

BEURRÉ, s. m. Espèce de poire fondante.

BEURRÉ, ÉE, p. p. de beurrer. Pain beurré.

BEURRÉE, s. f. Tranche de pain sur laquelle on aétendu du beurre.

BEURRER, v. a. Étendre du beurre sur quelquechose.

* BEURRERIE, s. f. Lieu où l’on fait, où l’on conservele beurre.

BEURRIER, 1ÈRE, s. m. et f. Celui, celle qui vend dubeurre. 11 Fig. Livre, ouvrage bon pour la beurrière, livre,ouvrage qui ne se vend pas, bon à envelopper du beurre.

* BEURRIER, s. m. Vase où l’on met au beurre.

* BEURRIÈRE, s. f. Vase destiné à mettre du beurre.

BÉVUE [bé, particule péjorative, et vue', s. f. Erreur

commise par ignorance ou par inadvertance.

BEY (turc beg), s.m. Titre, en Turquie, de certainsgouverneurs de petites provinces.

* BEYLIK, s. m. Province gouvernée par un bey.