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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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DOU

nous montrions sages, Mol. [| Ce qui flatte lame, agré-ment, jouissance. Les douceurs de la vie. Saintes dou-ceurs du ciel, Corn. || Dédommagement. Cela lui a valuquelque douceur. || Petit profit qu'on donne à quelqu’unpour reconnaître sa peine. || Aupl. et rarement ausing.Paroles flatteuses, propos galants. Dire des douceurs àquelqu’un. |j En douceur, loc. adv. Avec douceur, enbien-être. Où l’on puisse en douceur couler quelque mo-ment, Corn. || Peu à peu. || T. de métier. Par une grada-tion insensible. Amincir une planche en douceur. 1] T.de mar. Filer en douceur, filer sans secousse un cornagetendu. || Avec modération, avec ménagement, sans éclat.Prendre les choses en douceur. || Prov. Plus fait douceurque violence, la Font.

DOUCHE (lat. d uct us), s. f. Colonne de liquide d’unehauteur et d’un diamètre déterminés qu’on dirige surune partie du corps où elle agit par le choc et par latempérature. Doucne descendante, ascendante, latérale.

DOUCHÉ, ÈE,p.p. de doucher. La partie douchée.

DOUCHER [douché], v. «.Arroser parla douche. Dou-cher le genou. 11 Se doucher, v. r. Se donner une douche.

* DOUCHEUR, EUSE, s. mi. et f. Celui ou celle qui ad-ministre les douches.

DOUCl,lE,p.^>. de doucir.|| S.m.Le douei d’une glace.

DOUCINE, s. f. En archit. Moulure de corniche moitiéconvexe et moitié concave. || Rabot dont le menuisierse sert pour pousser des moulures.

DOUCIR (doux), v.a. Donner le poli à une glace avantde Fétamcr. Doucir à la roue.

* DOUCISSAGE, s. m. Action de doucir.

DOUÉ, ÉE, p. p. de douer. Qui a reçu un douaire.|| Fig. Quia en partage. Doué de toutes les vertus. || Unhomme heureusement doué, un homme pourvu de qua-lités heureuses. || Absol. C’est un homme doué.

DOUELLE (voy. douve), s. f. En arch. Parement inté-rieur ou extérieurd’un voussoir. || Courbure d’une voûte.

DOUER ;lat. dolaré),v. a. Assigner un douaire àcelle qu’on épouse. || Dans le langage général, gratifier,accorder, en parlant de Dieu, de la nature, des génies,des fées. La nature l’a doué d’heureuses facultés.

* DOUET, s. m. Yoy. doit.

DOUILLE (// mouillées. B. lat. ductile , gouttière),s. f. La partie creuse et cylindrique de certains instru-ments en fer, au moyen de laquelle ils s’adaptent à unautre corps. La douille d’une baïonnette, d’une bêche.|| Nom donné aujourd’hui aux cartouches toutes prépa-rées pour les fusils de chasse se chargeant par la culasse.

DOUILLET, ETTE (dim. de Pane. adj. douille, mou,du lat. ductilis), adj. Doux et mollet. Lit douillet.Il Tendre et délicat. Peau douillette. |i Trop sensible auxpetites impressions désagréables. || Subst. Un douillet.

DOUILLETTE, s. f. Pardessus ae soie ouatée.

DOUILLETTEMENT, adv. D’une manière douillette.

* DOU ILLETTER, v. a. Avoir des soins excessifs pour unepersonne. | j Se douilletter, v. r. Se traiter douillettement.

DOULEUR (lat. dolor ), s. f. Impression anomale etpénible reçue par une partie vivante et perçue par lecerveau ; souffrance physique. |] Àupl. Les souffrancesde l’accouchement. Être dans les douleurs. [| Souffrancede Pâme. Quej’aidedouleurde voir que Dieu vous aban-donne ! Pasc. 11 devrait y avoir dans le cœur des sourcesinépuisables de douleur pour decertaines perles, laBruy.|| Fig. Expression de la douleur. Les douleurs de l’élégie.

DOULOIR (SE) (lat. dolere), V. ré fl. Usité seulementà l’infinitif, et encore rarement. Ressentir de la douleur,se plaindre. J’ai commencé à me douloir dans tous lesmembres, Beaumarchais. On l’entend se douloir.

DOULOUREUSEMENT, adv. Avec douleur physique.|| Avec un sentiment de douleur ou un ton de douleur.

DOULOUREUX, EUSE (lat. dolorosus), adj. Qui causede la douleur physique. Une opération douloureuse.

Qui est endolori. U a le pied douloureux. || Quiexprime la douleur. Des plaintes douloureuses. || Quicause de la douleur morale. Séparation douloureuse.

* DOURO (esp. duro), s. m. Nom, en Espagne, de la

piastre forte, qui est de 5 fr. 15 || Aupl. Des douros.

DOUTE [douter), s. m. Incertitude où Poil est sur laréalité d’un fait, la vérité d’une assertion. || Être endoute, douter. || Laisser une chose, en doute, ne pas l'é-

claircir. || Laisser quelqu’un en doute, ne pas dissipersonincertitude. [| Mettre en doute, révoquer en doute, con-tester la vérité d’un fait, l’obligation de quelque devoir.L’obéissance est mise en doute, Ross. 11 Scepticisme. Cettephilosophie n’aboutit qu’au doute. || Défaut de croyanceà une religion révélée. || Difficulté, scrupule. J’ai undoute à vous proposer, Pasc. || Conjecture, soupçon. J'enai quelques doutes. |j Appréhension, crainte. Dans ledoute d un accident fâcheux. ]| Sans doute, loc. adv.Assurément, certes, selon toutes les apparences. || Il estsans doute que, avec l’indicatif, on ne peut douter que.|| Sans doute que, probablement. Sans (toute qu’il n’y aplus pensé. || Hors de doute, incontestable, certain. Celaest hors de doute. |] Prov. Dans le doute abstiens-toi.

DOUTER (lat. dubitare), v. n. Ne savoir si l’on doitcroire ou ne pas croire quelque chose. || bouter suivide que veut toujours le subjonctif. Je doute qu’il vienne.Lorsque la phrase est négative ou interrogative, le verbeau subjonctif prend ne; cependant on peut supprimerle ne : J e ne doute pas que cela ne soit vrai, ou soit vrai.Doutez-vous que cela ne soit ou que cela soit vrai? || Dou-ter si. Je doute si je serai en mesure d’accomplir ma pro-messe. || Douter de quelqu’un, n’avoir pas confiance enlui. || Etre dans le scepticisme soit à l’egard de la reli-gion, soit à l’égard de la philosophie. Je ne doute pasde la religion. || Absol. C’est une partie de bien jugerque de douter quand il faut, Ross. |j Hésiter. Pourriez-vous un moment douter de l’accepter? Rac. || Ne dou-ter de rien, trancher les questions qu’on commit mal, sejeter sans réflexion dans des entreprises hasardeuses; scfaire illusion, voir tout dubeau côté. || Se douter, v. r*Conjecturer, soupçonner. Je rie me doutais pas qu’il vint.|| Ne pas se douter de, ignorer, ne pas soupçonner.

* DOUTEUR (lat. dubitator), s. m. Celui qui doute. Queje liais ceux qui font les douteurs de miracles ! Pasc.

DOUTEUSEMENT, adv. Avec doute, d’une façon dou-teuse. Les gens de bonne foi devraient traiter douteu-sement des choses douteuses, le chevalier de Mère.

DOUTEUX, EUSE, adj. Qui est sujet à doute, à incerti-tude. Un succès douteux. Des paroles douteuses. 11 Donton n’est pas sûr, suspect, en parlant des personnes et deschoses. Probité douteuse. Homme douteux. || Pièce dou-teuse, pièce de monnaie qu’on soupçonne d’être fausseou de bas aloi. J| Dangereux. || Mot douteux, mot qui peutêtre interprète d’une manière blessante ; mot de la cor-rection duquel on n’est pas sûr. || Jour douteux, lumièredouteuse, qui permet à peine de distinguer les objets.|| En gramm. Nom douteux, nom dont le genre n’est pasfixé par l’usage. Voyelle douteuse, voyelle longue oubrève à volonté. [| Indécis. Cœur douteux. Douteux de-son choix. || Timide, méfiant Ainsi toujours douteux,,chancelant ou volage.... Boil. || S. m. Ce qui est dou-teux. Risquer le certain pour le douteux.

DOUVAIN, s. m. Bois qui sert à faire des douves.

DOUVE (lat. doga, de fojpO» s • /• ^ om de planches-qui forment le corps du tonneau. || Fossé servant de li-mite aux champs et d’écoulement aux eaux.

DOUVE [douve, fossé), s. f. Nom vulgaire de deuxespèces de renoncules qui croissent dans les marais.

DOUX, OUCE (lat. dulcis), adj. Dont la saveur estagréable. |j Vin doux, jus de raisin qui n’a pas encorefermenté. || Qui manque d'assaisonnement. Une saucetrop douce. || Qui n’est pas salé. Eau douce, celle deslacs et des rivières. || Par extens. Qui fait sur les sens uneimpression agréable. Une chose douce au toucher. Unedouce odeur. Doux accents. || Il fait doux, la températurede l’air n’est pas froide. || l| Qui n’a rien de difficile, defatigant. Un escalier doux. Pente douce. || Voiture douce,voiture bien suspendue. || Pluie douce, pluie menue etchaude. |j Lime douce, lime dont les aspérités sont fineset peu saillantes. || Il se dit de certains métaux purset peu cassants. Le fer doux, par opposition au fer aigre.|| Gravure en taille-douce ou simplement taille-douce,gravure qui se fait avec le burin ou leau-forte sur desplanches de cuivre ; l’art de faire cette gravure (voy.taille) . || En gramm. Les consonnes douces sont b, g, a ,etc. j| En gramm. grecq. Esprit doux, signe en forme devirgule, qui se met sur les voyelles initiales qui ne doiventpas être aspirées. || Fig. Qui fait sur l’esprit ou le cœur