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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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La mer empiète sur les côtes. || Fig. Usurper. Le peupleleur laissa empiéter le pouvoir suprême, Boss. || Absol.S’arroger des droits qu’on n’a pas.

EMPIFFRÉ, ÉE, p. |>. d’empiffrer.

EMPIFFRER (en et piffre), v. a. Bourrer de nourri-ture. || Rendre gros et gras. || S'empiffrer, v r. Tropmanger. || Devenir trop gros.

* EMPIFFRERIE, s. f. Action d'empiffrer.

* EMPILAGE, s.m. Action d’empiler. || Temps pendantlequel une chose reste empilée.

EMPILÉ, ÉE, p. p. d'empiler.

EMPILEMENT, s. m. Action d empiler; état de cequi est empilé.

EMPILER (en et pile), v. a. Mettre en pile, en tas.Empiler du bois, desécus. || Empiler les dames, les met-tre entas sur la première (lèche du trictrac. || Absol.Amasser de l’argent. || S’empiler, v. r. Être mis en pile.

* EMPILEUR, EUSE, s. m. et /'. Ouvrier, ouvrière quiempile du bois, des marchandises.

EMPIRE (lat. imperium), s. ni. Commandement,autorité, puissance. || Absol. S’il traite avec douceur, iltraite avec empire, Cons. || Il se dit aussi par rapport auxanimaux. L’empire de l'homme sur les animaux. || As-cendant, influence. Prendre de l’empire sur quelqu’un.L’esprit a grand empire surle corps, Mol . 11 Exercer, avoirde l'empire sur soi-même, se contenir, commander à scspassions. 11 L’empire de la mode, de la beauté. J | Autoritésouveraine, impériale, royale ou dictatoriale. (| Il se ditd’un État considérable, quelle que soit la forme du gou-vernement. Vous voyez comme les empires se succèdentles uns aux autres, Boss, [| En particulier, état gouvernépar un empereur. L’empire français. L’empire de Rus-sie. || Bas-empire, l’empire romain depuis la chute del'empire d’Occident jusqu’à la prise de Constantinople.]| L’empire d’Occident, la partie de l’empire romainqui comprenait l’Italie, l’Espagne, la Gaule et la Breta-gne ; l’empire d'Orient, celle qui comprenait la Grèce,l’Asie Mineure, l’Égypte et l'Afrique septentrionale. || Lesaint-empire, l’empire romain établi par Charlemagneen 800. |l Absol. Se dit du règne de Napoléon 1 er . Lesguerres de l’Empire. || Absol. Il se disait autrefois del’empire d’Allemagne. Les cercles de l'Empire. || Se ditdes animaux dans le langage poétique. Deux taureaux sedisputaient l’empire. || Famil. 11 ne céderait pas pour unempire, pour rien au monde. || Les peuples compris dansun empire. L’empire se souleva. || Règne. Virgile vivaitsous l’empire d’Auguste. || L’empire de la mer, la domi-nation des mers. || L’empire des morts, les demeuressouterraines où l’on supposait que les morts résidaient.

EMPIRÉ, ÉE, p. p. d’empirer. Devenu pire.

* EMPIREMENT, s. m. Action d’empirer; résultat decette action.

EMPIRER (en et pire), v. a. Rendre pire. Les remè-des n’ont fait qu’empirer son mal. || V. n. Devenir pire.Les affaires empirent. || S’empirer, v. r. Devenir pire.Leur état allait s’empirant, Boss.

EMPIRIQUE (îfmeipixoi), adj. Qui se guide seule-ment par l’expérience. Procédés empiriques. || Subst.Un empirique, un homme qui traite les maladies par desremèdes secrets, et sans aucune notion scientifique ducorps et de ses maladies. || En pliil. Qui appartient àl’empirisme. || S. m. Les empiriques, les philosophesqui appartiennent à l’empirisme. || En mauvaise part,ceux qui suivent la routine.

* EMPIRIQUEMENT, adj. D’une manière empirique.

EMPIRISME, s. m. Recherche de l’expérience seule,

sans aucune théorie. || En philos. Système dans lequell’origine de nos connaissances est uniquement attribuéeà l’expérience. || État d’une science quand les faits n’ysont encore liés par aucune loi générale ou théorie. 11 Enmauvaise part,, aveugle routine. || Empirisme médical,pratique qui ne tient aucun compte de la théorie.

EMPLACEMENT, s. m. Endroit convenable pour con-struire, établir ou faire quelque chose. || I’Iace. L’em-placement de la Bastille.

EMPLÂTRE (lat. emplastrum, de iy.-/avrcov’ , s. ni.Topique glulineux qui, se ramollissant par la chaleur,adhère à la partie sur laquelle on l’applique. Mettre,lever un emplâtre. || Fig. Mettre un emplâtre à. .une

affaire, couvrir, réparer ce qu’il y a de défectueux dansune affaire, j | Fig. Personne infirme et maladive, et iro-niquement personne sans activité, sans énergie.

EMPLETTE (b. lat. impiieita, dépense), s./ 1 . Actiond’employer une somme d argent en achats. || Faire sesemplettes, aller aux emplettes dans les villes de fabri-ue, en parlant d’un marchand. ]| Achat de niarelian-ises, d’objets de peu de conséquence ou d’usage ordi-naire. || L’objet acheté. Montrer ses emplettes.

EMPLI, IE, p. 2>- d’emplir.

EMPLIR (lat. implere), v. a. Rendre plein. || Fig. Desa vaste folie emplir toute la terre, Boil. 11 Famil. Il em-plit bien son pourpoint, se dit d'un homme gros et gras.|| Y. n. T. de mar. Être gagné par une voie d’eau, en par-lant d’un vaisseau. || S’emplir, v. r. Devenir plein.

EMPLOI (voy. employer), s. ni. Usage qu’on fait dequelque chose. L’emploi du fer, du temps, d'un mot,etc. || Double emploi, se dit de tout ce qui fait une répé-tition inutile. || T. de finance. Application de fonds à unedestination. |!Enjurispr. Emploi des deniers, usage con-forme à leur destination déterminée par la loi ou la con-vention. || Faux emploi, l’emploi d’une somme portée endépense, quoique la dépense n’ait point été faite. || Oc-cupation. Le ciel... Pour différents emplois nous fabriqueen naissant, Mol. || Faire son emploi de, s’occuper à,faire son affaire de. || Fonction, place. Demander un em-ploi. || T. de théâtre. Rôles d’un même caractère. Cetacteur tient l'emploi des rois. || Chef d’emploi, le pre-mier acteur dans les rôles de chaque emploi.

* EMPLOYABLE, adj. Qui peut être employé.

EMPLOYÉ, ÉE ,p. p. d’employer. (| C’est bien employé,

c’est bien fait, la chose est méritée. || S. m. Hommeemployé dans une administration, dans un bureau, etc.

EMPLOYER (lat. implicare), v. a. Faire emploi dequelque chose. Employer beaucoup d’argent en aumônes.Employer de l’étoffe. Ceux qui emploient mal leur tempssont les premiers à se plaindre de sa brièveté, la Brcy.||Parextens. La lumière emploie environ un demi-quartd’heure à nous venir du soleil. || Mettre en œuvre. Em-ployer ses bons offices pour quelqu’un, tous les moyenspour réussir. || Famil. Employer le vert et le sec, tairetous ses efforts, mettre toutes sortes de moyens en œuvre.|| Employer une somme, l’appliquer à une dépense. || Em-ployer une phrase, un mot, un tour, en user en parlantou en écrivant. 11 Employer une raison, une pièce, la fairevaloir, s'en appuyer. |j (Donner de l’emploi, de l’occupa-tion. Employer un grand nombre d’ouvriers. || S’em-ployer, v. r. Être employé, mis en œuvre. Ce moyen nepeut s'employer. Ce mot ne s'emploie pas en ce sens.|| User de son crédit en faveur de quelqu’un. Sauvez cemalheureux, employez-vous pour lui, Corn. || Employerrégit à devant les verbes : Employez votre argent à se-courir les malheureux. Il régit à devant les noms, quandils sont déterminés: J’ai employé vingt mille francs àcette acquisition; et en quand ils sont indéterminés,c'est-à-dire sans article ou sans autre déterminatif. Il aemployé tout son argent en bagatelles.

* EMPLOYEUR, s. m. T. d’écou. politique. Celui quidemande le travail et qui emploie les travailleurs.

EMPLUMÉ, ÉE ,p. p. d’emplumer. || Quia les jambescouvertes de plumes. || Orné de plumes.

EMPLUMER [en et plume), v. a. Garnir de plumes.|| S’emplumer,_ v. r. Se garnir de plumes.

EMPOCHÉ, ÉE, p. p. d’empoclier.

EMPOCHER (en et poche), v. a. Serrer dans sa poche.|| Mettre en poche avec empressement . 11 a empoché nosfonds. || Absol. Empocher. || Fig. Empocher se dit d'uneparole désagréable, surtout quand on n'a rien à répli-quer. 11 a empoelié de lionnes vérités. |] S’empocher,v. r. Être mis en poche.

* EMPOIGNANT, ANTE, adj. Dans un langage familieret d’artistes, saisissant, émouvant. Un tableau, un drameempoignant. Une scène empoignante.

EMPOIGNÉ, ÉE, p. p. d'empoigner.

* EMPOIGNEMENT, s. m. T. popul. Acliond’empoigner.

EMPOIGNER (an-po-gné. En et poigne), v. a. Pren-dre et serrer avec le poing. H l’empoigna par le bras.Il Saisir quelqu'un pour le mettre en arrestation ou l’ex-pulser. || Fig. Dans un langage familier et d’artistes, in-