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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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ENTREVU, UE, ». p. d’entrevoir.

ENTREVUE, s. f. Rencontre entre des personnes pourcauser ou pour traiter d’alïaires.

ENTR'OUÏ, ÏE, p. p. d’entr’ouïr.

ENTR’OUÏR, v. a. N’entendre qu'à demi.ENTR'OUVERT, ERTE, p. p. d’entr’ouvrir. || Chevalentr’ouvert, cheval qui s’est écarté les jambes de der-rière par un effort, et qui en reste incommodé.

ENTR’OUVERTURE, s. f. État de ce qui est entr’ou-vert. L’entr’ouverture d’une porte. |j Incommodité d’uncheval entr’ouvert.

ENTR'OU VRIR, V. a. Ouvrir par disjonction. Des merspour eux il entr'ouvrit les eaux, Rac. || Ouvrir à demi.Entr’ouvrir la porte, les yeux. ]| S’entr'ouvrir, v. r.La terre s’entrouvrit. || S ouvrir à demi.

ENTURE, s. f. La fente où l’on met l’ente ou la greffe.Chevilles qui forment des échelons dans une pièce de bois.

ÉNUMÉRATEUR, s. m. Celui qui fait une énuméra-tion. On prête l’oreille aux déclamateurs, aux énumé-rateurs, la Baux.

ÉNUMÉRATIF, IVE, adj. Qui énumère, qui sert àl’énumération. || En gramm. Se dit des adverbes quiservent à énumérer, comme : premièrement, etc.

ÉNUMÉRATION (lat. enumeratio), s. f. Action d’é-numérer. || Figure de rhétorique, qui consiste à pas-ser en revue toutes les manières, toutes les circon-stances, toutes les parties. || Partie d’un discours quiprécède la péroraison, où l’auteur récapitule toutes lespreuves comprises dans l’argumentation. || En log. Énu-mération incomplète, sorte de sophisme.

ÉNUMÉRÉ, tz,p. p. d’énumérer.

ÉNUMÉRER (lat. enumerare), v. a. Compter unà un. || T. de rhétorique. Faire une énumération.ENVAHI, IE, p.p. d’envahir.

ENVAHIR (lat. invadere), v. a. Occuper par force.Envahir un pays, l’autorité, etc. || Il se dit aussi des ani-maux. Les sauterelles envahissent des contrées entières.|| Il se dit de l’action de s’emparer du commerce et au-tres choses comparées à un domaine. || Occuper, gagner,en parlant du feu, de l’eau, des plantes, etc. || Fig. La po-litique envahit tout, on ne s’occupe que de politique.

* ENVAHISSANT, ANTE, adj. Qui envahit.ENVAHISSEMENT, s. m. Action d’envahir. L'envahis-sement de la mer. || Fig. Les envahissements du pouvoir.

ENVAHISSEUR, s. m. Celui qui envahit. || Adj.Un peuple, un conquérant envahisseur.

» ENVASEMENT, s. m. Dépôt de terre ou de vase faitpar les eaux sur un terrain. || État d’une chose envasée.«ENVASER [enelvase),v.a. Encombrer de vase, en-foncer dans la vase. || S’envaser, v. r. Être encombréde vase. || S’enfoncer dans la vase.

* ENVELOPPANT, ANTE, adj. Qui enveloppe. La par-tie enveloppante, J. J. Rouss. || S. /'. En géom. Envelop-pante, ligne qui en enveloppe une autre.

ENVELOPPE, s. f. Ce qui enveloppe ou sert à enve-lopper. L’enveloppe d’un paquet, d’une lettre. || Écriresous l’enveloppe de quelqu’un, enfermer sous son adresseune lettre destinée à un autre. || En bot. Enveloppes Mo-rales, le périanthe, c’est-à-dire le calice et la corolle.

11 T. de fortification. Ouvrage qui en entoure et en couvreun autre. || Fig. Ce qui cache, comme fait une enve-loppe. Vous ne verrez la vérité que sous de belles enve-loppes, Fén. || Fig. Enveloppe épaisse, apparence d’uncorps épais et de lourdeur que présentent certains hom-mes. Homme d’esprit sous une enveloppe épaisse.

ENVELOPPÉ, ÉE, p. p. d’envelopper, || Avoir l’espritenveloppé dans la matière, être fort grossier, sans esprit.|| Fig. Un esprit enveloppé, un homme dont les idéessont confuses et les expressions obscures. i| Discours en-veloppé, discours dont l’expression est rendue obscurepar circonspection. || Raisonnement enveloppé, raison-nement obscur, embarrassé.

* ENVELOPPÉE, s. f. T. de fortification. Ouvrage quia pour objet de rétrécir un fossé. || En géom. Ligne en-veloppée par une autre.

* ENVELOPPEMENT, s. m. Action d’envelopper. || Parextens. Germes en état d’enveloppement, encore dansleurs enveloppes, et fig. idées à l’état d’enveloppement,idées qui n’ont encore reçu aucun développement.

ENVELOPPER [en et l'anc. fr. veloper), v. a. Mettreautour d’une chose quelque objet qui la couvre. Enve-lopper des marchandises. || Il se dit de 1» chose qui en-veloppe. La toile qui enveloppe ces marchandises. || Parextens. Le vent l’enveloppe. || Environner, entourer.Envelopper l’ennemi. || Prendre comme dans un filet.Envelopper nne dujic, la Bhuy. || Comprendre dans.Envelopper quelqu un dans une accusation, dans saruine. || Obscurcir, voiler. Tout à coup une noire tem-pête enveloppa le ciel, Fén. || Par extens. Une nuitobscure enveloppe son esprit. || Cacher, déguiser, dissi-muler. On a enveloppé cette vérité de fables ridicules.|| S’envelopper, ». r. Mettre autour de soi quelque chosequi entoure. S’envelopper dans son manleau. || Fig. S’en-velopjierde mystère. |{ S’obscurcir. || Être compris, ren-ièrme. || S'exprimer avec obscurité, avec ambages.ENVENIME, ÉE ,p.p. d’envenimer.

* ENVENIMEMENT, s. m. Action d’envenimer; résultatde cette action.

ENVENIMER [en ei venin), v. a. Infecter de venin.Certains sauvages enveniment leurs flèches. 1| On ditplutôt empoisonner. |{ Donner un caractère malin à uneplaie. || Fig. Donner un caractère odieux. Envenimer unfait, un récit. || Inspirer des sentiments d’aigreur, dehaine contre quelqu’un. || Rendre plus cuisant, plus vif,en parlant de sentiments, de querelles, etc. Envenimerune querelle. || S’envenimer, v. r. Devenir envenimé.|| Être tourné par la malveillance en un mauvais sens.

* ENVENIMEUR, s. m. Fig. Celui qui envenime.ENVERGÉ, ÉE, p. p. d’enverger.

ENVERGER [en et verge), v. a. Garnir de petitesbranches d’osier. || Croiser les (ils d'une partie ourdie.ENVERGUÉ, ÉE, p. p. d'enverguer.

ENVERGUER, v. a. Attacher les voiles ara vergues.ENVERGURE :an-vèr-gu-r’), s. f. T. demar. L'arran-gement des voiles dans leur largeur sur les mâts. || Lar-geur d'un bâtiment. || Par analogie, étendue des ailesd'un oiseau, du bout de l’une à l’extrémité de l’autre.

ENVERS [en et vers), prép. À l'égard de, pour.Compatissant envers les pauvres. || Envers et contretocs, loc. adv. qui terminait les formules des sermentsde foi et hommage, et qui signifiait contre tout le monde.

ENVERS (lat. inversas), s. m. Le côté opposé à l’en-droit, le côté qui ne doit pas être exposé à la vue. L’en-vers d'une étofl'c. || Étoffe à deux envers, plus souventaujourd'hui sans envers, étoffe qui n’a ni envers ni en-droit. L’envers d'une feuille d’arbre, le côté qui regardele sol. || Fig. Le contraire. Vous serez toujours... Un en-vers du Ixm sens, Mol. || À l’envers, loc. adv. qui sedit lorsque l'envers se met ou se prend par erreur pourl'endroit. Mettre sa chemise à l’envers. || Fig. Dans unétat de désordre et de ruine. Ses affaires sont à l'envers.|| Avoir la tête, la raison à l’envers, être tout à fait étran-ger au bon sens, à la raison.

* ENVI [etœi\ s. m. Argent qu’on met au jeu pour en-chérir sur son compagnon. On fait des envis au brelan.

ENVI (À L’j (lat. invitas), loc. adv. A qui mieuxmieux, en rivalité ; se dit des personnes et des choses.|| Il se dit d’une seule personne qui rivalise comme aveceHe-même. La flotte qu’à l'envi favorisait Neptune, Corn.|| À l’envi de, loc. prép. En rivalisant avec.

* ENVIABLE, adj. Digne d’envie; que l’on peut envier.ENVIE (lat. invidia ), s. f. Chagrin et haine qu’on

ressent du bonheur, des succès, des avantages d( autrui.|| Désir de jouir d’un avantage pareil à celui d’autrui.Regarder d’un œil d’envie le bonheur d’autrui. || Faireenvie, exciter l’envie, le désir. || L’odieux d’une chose.Jeter sur quelqu’un toute l’envie d’une vilaine action.11 Désir, volonté. Sans pouvoir satisfaire à leurs vainesenvies, la Font. || Avoir envie, avoir désir. || Faire envie,se dit des choses qui excitent le désir, jl Envie s’appliqueaussi aux différents besoins corporels. Envie de manger,de boire. 11 Envie de vomir, soulèvement de cœur, j | Pe-tites portions de peau qui se détachent autour des ongles.11 Taches que les enfants apportent en naissant. |j Prov. Uvaut mieux faire envie que pitié.

ENVIÉ, ÉE, p. p. d’envier.

ENVIEILLI, IE, p. p. d’envieillir. || Fig. Qui a con-tracté par le long temps quelque habitude. Les pécheurs