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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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GRA — 531 — GRÉ

GRAVEUR, s. m. Celui dont la profession est de graver.Graveur sur acier, sur bois. || Adj. Apprenti graveur.

GRAVI, IE, p. p. de gravir.

GRAVIER (anc. fr. grave, grève), s. m. Gros sablemêlé de fort petits cailloux. 11 Petite pierre qui se trouvedans le sédiment des urines.

GRAVIR (ital. gradire, du lat. gradus), v. n. Monteravec effort à quelque endroit escarpé en s’aidant des piedset des mains, j | Activ. Gravir une muraille. | ] Monter aveceffort une pente raide. Gravir jusqu’au sommet de lacolline. || Activ. Gravir les monts.

* GRAVISSET, GRAVISSON ou GRAVISSEUR, S. m. Undes noms vulgaires du grimpereau.

* GRAVITANT, ANTE, adj. Qui gravite.

GRAVITATION [graviter), s. f. En pliys. Force en

vertu de laquelle tous les corps célestes pèsent les uns surles autres en raison directe de leur masse et en raisoninverse du carré de leur distance.

GRAVITÉ (lat. gravitas), s. f. Pesanteur. La figuredes corps ne change en rien leur gravité, Volt. j| Centrede gravité, point d’un corps situé de telle façon qu’uneforce appliquée en ce point tiendra le corps en équilibre.|j Fig. Qualité d’une personne grave ou d’une chosegrave. Perdre sa gravité. Discours plein de gravité.j| Qualité du style grave. || Importance. La gravité dusujet, des circonstances. || Caractère dangereux. La gra-vi té d’une maladie. 11 II se dit d’un son par rapport auxsons plus aigus. La gravité d’un son, de la voix.

GRAVITER (lat. gravis), v. n. En pliys. Être animé de laforce dite gravitation. || Fig. Tendre vers. Toutes les socié-tés gravitent vers le despotisme et la dissolution, Raynal.

GRAVOIS (voy. gravier), s. m.pl. La partie la plusgrossière du plâtre après qu'on l’a sassé. || Débris d’unemuraille, d’un bâtiment. || On dit aussi gravats.

GRAVURE, s. f. L’art ae graver. Gravure sur acier,sur bois. || L’ouvrage du graveur. La gravure de cesplanches est fort soignée. 11 Estampe. 11 En arcliit. Tout ou-vrage de sculpture de peu de profondeur.

GRÉ (lat. gratum), s. m. Ce qui plaît, ce qui convient,ce qui est agréable à la volonté. Se marier contre le gréde ses parents. || Avoir quelque chose en gré, le rece-voir en gré, le prendre eu gre, agréer, trouver bon quel-que chose. J| Prendre en gré quelqu’un, se plaire aveclui. I! A gré, agréable, qui convient. || Trouver quelqu’unà son gré, le trouver agréable. || Au gré de, suivant lavolonté de, suivant le désir, suivant ce qui plaît à. [| Fig.\oguer au gré des flots. || Fig. Au gré de, suivant l’opi-nion de. Le sang, à votre gré, coule trop lentement, Rac.|| De gré ou de force, de bonne volonté ou malgré soi.|| De gré à gré, à l’amiable. || Bon gré, bonne, franchevolonté de faire quelque chose. Les hommes n’obéissentde bon gré qu’aux lois qu’ils se sont faites pour le biende la société, Volt. || Bon gré mal gré, volontairementou de force. || Bon gré malgré qu’il en ait, qu’il leveuille ou non. || Gratitude, reconnaissance. 11 y a desvolontés de Dieu qui n’exigent de nous autre chose quele gré du cœur, Bourd. 11 Savoir gré, bon gré de, être sa-tisfait de. 11 Se savoir gré, bon gré de, s’applaudirde. 11 Sa-voir mauvais gré, peu de gré de, être mal satisfait de,

GRÈBE (ail. Grebe), s. m. Oiseau aquatique dont leplumage est d’un blanc argenté. 11 Se dit aussi des plumesde ces oiseaux. Un manchon de grèbe.

GREC, ECQUE (lat. grœcus), adj. Qui est de Grèce,qui appartient à la Grèce. La nation grecque. 11 Qui arapport aux usages, à la langue des Grecs. || Y grec, lapénultième des lettres de l’alphabet français. |] Profilgrec, profil dans lequel le front et le nez se trouventsur une ligne droite. || L’Église grecque, l’Église d’Orient,qui diffère de l’Église romaine sur quelques points dedogme et sur l’autorité du pape. || S. m. et f. Grec,Grecque, celui, celle qui habite la Grèce. || Celui,celle quiappartient à l’Église grecque. || L’empire des Grecs, l’em-pire d’Orient ou Bas-Empire. || S. m. Le grec, la languegrecque. || Fig. Cela est du grec pour moi, jen’y entendsrien. || Famil. Un grec, un homme qui filoute au jeu.[| A la grecque, à la manière des Grecs.

GRÉCISÉ, ÉE, p. p. de gréciser.

GRÉCISER, v. a. Donner une forme grecque à un motd’une autre langue.

* GRECITÉ (lui. grœciias), s. f. L’ensemble de la languegrecque, liante grécité, le grec ancien. Basse grécité, legrec des bas temps de l'empire d’Orient. || Qualité de cequi est ou n’est pas grec. Fixer la grécité d'un mot.

* GRÉCO-ROMAIN, AINE, adj. Qui appartient aux Grecset aux Romains. L’architecture gréco-romaine.

GRECQUE, s. f. Ornement composé d’une suite deligues brisées à angles droits et rentrant sur elles-mêmes.

GREDIN, INE (gothique grédus), s. m. et f. Mendiant,mendiante (vieilli en ce sens). || Fig. Une personne quine mérite aucune considération, qui est sans bien etsans bonnes qualités.

GREDIN, INE, s. m. et f. Petit chien à longs poils.

* GREDINER, v. n. Faire le gredin, agir en gredin.

GREDINERIE, s. /'.Famil. Aclion de gredin, bassesse.

GRÉÉ, ÉE, p. p. de gréer.

GRÉEMENT (gré-man) ou GRÉMENT, s. m. T. de mai'.L’ensemble de tous les cordages ou manœuvres néces-saires pour gréer un bâtiment. || On dit dans un sensanalogue : Le gréement d’un mât, d’une vergue. || Art,action de gréer les bâtiments. || Manière de gréer.

GRÉER (gothique geraidjan, apprêter), v. a. T. demar. Garnir un bâtiment de voiles, poulies, manœuvres;etc. dont il a besoin pour naviguer. || Par extens. Gréerun mât, une vergue.

GRÉEUR, s. m. Ouvrier qui grée les bâtiments.

GREFFE (lat. graphium), s. m. Le lieu d’un tribunaloù l’on dépose les minutes des actes de procédure, et oùse font certaines déclarations, certains dépôts.

GREFFE (lat. graphium, poinçon), s. f. Opération parlaquelle on ente sur un arbre une petite branche, un œilemprunté à un autre arbre, afin que la fleur ou le fruitde celui-ci soit porté sur celui-là. [| Jeune tige ou portiond'écorce pourvue d’un ou de plusieurs bourgeons qu’ontransporte sur un autre individu.

GREFFÉ, ÉE, p. p. de greffer.

GREFFER.u. a. Faire une greffe. || Absol. Il y a plu-sieurs manières de greffer. || Fig. La législation anglaiseest comme un arbre antique sur lequel les légistes ontgreffé sans cesse les rejetons les plus étrangers, Tocque-ville. || Se greffer, v. r. Être greffé.

GREFFEUR, s.m. Celui qui greffe, qui sait greffer.

GREFFIER (lat. graphiarius), s. m. Fonctionnairequi tient le greffe, écrit les minutes des jugements, desarrêts, et assiste le juge dans certaines occasions. |J Gref-fière, femme d’un greffier.

GREFFOIR, s. m. Instrument pour greffer.

GRÉGE (ital. seta greggia), adj. Soie grége, celle quel’on tire directement des cocons en les dévidant. 11 Subst.Des grèges. |j On dit aussi : Fil grége.

GRÉGEOIS (lat. grœcensis), s. m. Anciennement,nom du peuple dit aujourd’hui les Grecs. |[ Adj. m. Em-ployé seulement aujourd’hui dans cette locution : Feugrégeois, composition de matières combustibles.

GRÉGORIEN, IENNE (lat. Gregorius), adj. Chant gré-gorien, le plain-chant d’Église, dont l’invention estattribuée au pape Grégoire 1 er . || Calendrier grégorien,réformation de l’ancien calendrier faite par l’ordre dupape Grégoire XIII, en 1582.

GRÈGUE (ital. grechesco), s. /. Haut-de-chausses, cu-lotte; on ne le dit plusqu’au pluriel. || Tirer ses grègues,s’enfuir. |j Popul. Laisser ses grègues, mourir.

GRÊLE (lat. gracilis), adj. Long et menu. Une tigegrêle. Des jambes grêles. || En anat. Intestin grêle, laportion d’intestin qui s’étend depuis l'estomac jusqu’aucæcum exclusivement. || Par extens. Se dit de ce qui estchétif, non suffisamment plein ou développé. Une physio-nomie grêle. || Se dit d’une voix aiguë et faible. || Tongrêle, le ton le plus haut d’un cor ou d’une trompette.|| Subst. en ce sens. Sonner du grêle ou sonner grêle.

GRÊLE (même radical que grésil), s. f. Météoreaqueux formé par de l’eau qui, congelée en l’air, tombepar grains de glace. 11 Famil. On le craint comme la grêle,se dit d’un homme qui fait beaucoup de mal en un pays.|| Fig. La grêle est tombée sur votre jardin, sur vos vignes,c’est un grand malheur pour vous, une grande perte.|| Fig. Quantité considérable. Une grêle de pierres. Unegrêle de coups. |j En méd. Tumeur qui se développedans le tissu des paupières, dite aussi chalazion.